![]() La Grande Guerre La guerre des tranchées à Quierzy L'invasion
allemande | La
première libération | Les combats de 1918 | Les
tranchées à Quierzy | La reconstruction Quierzy est envahi en 1914, libéré une première fois en 1917, mais ne connait pas de combats importants avant le printemps 1918. Des tranchées y sont établies derrière l'Oise lors de l'attaque allemande de mars 1918. Elles contiendront l'ennemi jusqu'à la fin mai. Repris par les nôtres en août 1918, Quierzy sera encore en première ligne jusqu'à la libération définitive de la rive nord de l'Oise début septembre 1918. Ces combats laisseront le village presque totalement ravagé. Ces positions sur l'Oise sont d'importance. Elles interdisent les plateaux au nord de la vallée de l'Aisne qui donnent accès à la route de Paris à l'ouest et au Chemin des Dames à l'est.
I - Les premiers combats de Quiezry (25 mars - 30 mai 1918) Le 21 mars 1918, les allemands attaquent au nord de l'Oise dans le secteur britannique en direction de Montdidier. Le front, sommairement organisé du fait des destructions de 1917, cède rapidement. Les allemands avancent de 60 kilomètres et atteignent Montdidier le 27 mars. Mais sur son aile gauche l'ennemi est contenu derrière l'Oise entre Noyon et La Fère.
Groupement Diebold La 55e DI, en soutien de la 125e au nord de l'Oise, traverse aux ponts de Quierzy et de Brétigny entre la 1e Division de Cuirassiers à Pied (DCP) et la 125e DI qui franchit la rivière à Manicamp et Quierzy derrière la 55e DI. La 55e doit établir défensivement 5 Bataillons à l'ouest entre Quierzy exclu et Pontoise, PC à La Pommeraye, la 125e DI, qui a supporté pendant 3 jours le choc de l'ennemi avec de lourdes pertes, renforcée par des éléments de la 55e DI (des 204e et 246e RI) doit établir défensivement 2 Bataillons à l'est entre Quierzy inclus et Manicamp village exclus (à la 58e DW), PC à la Ferme de Monjay. Le 25 mars au matin, le 289e RI (55e DI), qui est au nord de l'Oise, reçoit l'ordre d'assurer après repli la défense de la rive sud entre Brétigny et Quierzy 289 s/secteur de droite. Le Régiment se replie derrière le 204, il passe le pont de Quierzy à 11h. Le 5/246 (détaché à la disposition de la 125e), avisé que les anglais vont faire sauter le pont de Manicamp, quitte Dampcourt et se rend au Ponceau. Le 6e Bataillon/289 passe les ponts de Quierzy à midi derrière le 5/204. A cet instant, la 125eDI tient toujours Marest. En en début d'après-midi le Bataillon du 76e qui occupait Marest et s'est replié à Quierzy et en avant du pont sur l'Oise entre Quierzy et Petit-Quierzy des élément de la 5/13 (? 131e ou 113e RI) organisent une tête de pont. Au pont du Canal, un détachement de la DCP (1 Lt et une dizaine d'hommes), 2 auto mitrailleuse, une auto 37 chargé de la défense du pont. Un officier du génie anglais avec un interprète et deux ou trois hommes chargés de faire sauter le pont dès qu'il verra l'ennemi. Les charges sont en place. Les derniers éléments de la 125e DI (9e Cie du 76e RI) franchissent le pont en début d'après midi. A 13h45 le pont saute au moment où arrive la 21e Cie du 289e. Pendant ce temps, le 6e Bataillon/289 est au sud de la route Quierzy-Brétigny, moins la 21e Cie laissée à la défense des ponts de l'Oise, le 4e Bataillon à gauche. Le 25 au soir, le 289 occupe la rive sud de l'Oise de Brétigny inclus à Quierzy exclus. Au sud, le 1er Bataillon du 76e RI (125e DI) se regroupe à la Ferme Montjay et prend position sur la route Quierzy Bourguignon avec pour mission d'arrêter toute attaque ennemie. Le 2e Bataillon/76 après avoir fait sauter le pont d'Abbécourt se replie "dans le plus grand ordre" jusqu'à la sortie sud de Manicamp. Les derniers éléments de la 125e DI traversent à 15h30. Les 1er et 3e Bataillon/76 vont à Montjay sous la protection du 5e Bataillon du 246 (55e DI détaché à la disposition de la 125e), qui occupe les rives de l'Oise au nord de Manicamp et du 4e Bataillon du 204 (55e DI) qui fait face à Abbécourt à droite en liaison avec les anglais, également à Quierzy entre le 289 à gauche et le 5/246 à droite. Des tranchées sont creusées le long de la rive et des points d'appui organisés en profondeur. L'eau monte dans les marais, l'Ailette déborde. Le 76e RI ne relève les anglais à Quierzy que le lendemain ; le 5/246 (55e DI détaché à la disposition de la 125e dont fait partie le 76) en 1e ligne avec le 2e Bataillon/76 en soutien, les 1er et 3e Bataillon en réserve aux Bruyères (PC aux Bruyères). Il y a ce jour là de nombreuses citations pour la belle conduite du 76e RI au nord de l'Oise. Mais ses pertes ont été lourdes ; 23 tués, 95 blessés et 498 disparus. Le 27, journée calme, le pont sur l'Oise de la voie ferrée à l'ouest de Quierzy est détruit. Le 28, le 246 à Blérancourdelle reçoit l'ordre d'aller relever le secteur de Manicamp Quierzy ; 2 Bataillons du 246 relèvent la 125e qui va se reconstituer ; le 5e Bataillon du 246 (5/246) reste à Quierzy et le 4e Bataillon du 204 à Manicamp en 1e ligne, le 4e Bataillon du 246 vers Monjay - Les Bruyères et un Bataillon du 246 vers Le Ponceau - La Jonquière en 2e ligne. Les unités des 204e et 246e RI en 1e position restent en place. PC du 246 à Bourguignon. Maintien des communications téléphoniques. PC de la 55e DI à Le Fresnes le 28 au soir. Le 28 est une journée calme comme la veille et les relèves se poursuivent. Le 29, le 5e Bataillon/246 reste en ligne à Quierzy et relève à l'ouest des éléments du 289e. A la nuit, le 5/204 relève le 4/246 en 2e ligne à Quierzy. Le 30, un avion allemand est abattu à Bourguignon et son pilote fait prisonnier. A la nuit, le 5/246 est relevé par le 6/204 à Quierzy en 1e ligne ; 21e Compagnie à gauche, 22e au centre, 23e à droite, PC du Bataillon à Quierzy. Organisation défensive du secteur. PC du 204 à Bourguignon. Le 31 mars, bombardement de Quierzy et Manicamp, 1 blessé au 204 à Quierzy. Nuit du 31 mars au 1er avril, bombardement intense de Quierzy toute la nuit par obus de 105 et 150. Le 2 avril, le sous-secteur du 204 est étendu jusqu'au confluent de l'Ailette exclu. Le niveau de l'Oise qui monte oblige à établir des passerelles pour ravitailler les groupes de combats des bords immédiats de la rivière. 3 avril, bombardement intermittant de Quierzy et de ses abords, 3 blessés. L'Oise continue de monter. Le 4 avril, la crue de l'Oise oblige les groupes de combat de la Compagnie de droite du 204 à se replier derrière l'ancien cours de l'Ailette. L'ennemi bombarde Quierzy. Dans la nuit du 4 au 5, le 5e Bataillon/204 relève le 6e en 1e ligne ; 19e Compagnie à gauche, 18e au centre et 17e à droite. Le 6e Bataillon va en 2e ligne occuper les emplacements laissés par le 5e. Artillerie ennemie plus active que les jours précédents, 2 tués et 9 blessés. Dans la nuit du 5 au 6, le 4e Bataillon/204 relève en 2e ligne le 6e qui va occuper les emplacements du 4e à Lombray et Gizancourt. L'attaque allemande sur l'Ailette
Le 8, l'EM du 4e Bataillon et la 13e Cie sont sont remis à la disposition du 204 en 2e ligne ; la 13e quitte le bois de Fèves pour reprendre ses emplacement dans le petit bois au sud de Quierzy. La 14e Cie reste dans le secteur du 246. Tirs intermittants, 3 blessés. Dans la nuit du 9 au 10, les 17e et 19e Cies sont relevées par les 13e et 15e Cies ; 15e à gauche, 13e à droite. Les deux Cies du 5e Bataillons vont occuper en 2e ligne les emplacement laissés libres par les 13e et 15e Cie. La nuit suivante, la 14e Cie la 18e au centre de la 1e ligne. La CM6 relève en 2e ligne la CM4 qui relève en 1e ligne la CM5. Le 6e Bataillon relève en 2e ligne les 17e, 19e et 14e Cie : 22e à gauche, 21e aux Bruyères et 23e à droite. L'artillerie ennemie reste active, pas de perte. Le 11 avril, les limites du s/ secteur du 204 sont modifiées et la 13e Cie à droite moins une section de 1e ligne est relevée par la 22e Cie /204 et la 22e Cie /246. Les 3 sections relevées vont à Bourguignon - Eglise. L'activité d'artillerie est importante ; 4 tués et 7 blessés. Le 12, la 13e Cie relève deux section de la 15e et une section du 289e. Après ces mouvement, le dispositif du 4e Bataillon/204 est le suivant : 13e Cie à gauche, 15e au centre et 14e à droite. Artillerie calme ; 1 blessé. Le Régiment poursuit activement les travaux d'organisation du secteur et subit des bombardements qui lui cause des pertes ; 1 tué, 1 blessé le 13. Dans la nuit du 14 au 15 avril, nouvelles relèves, le 4e Bataillon rejoint après relève la creute de Blérancourdelle. Le 17 la limite d'occupation du régiment étendue à Usine Ferme. Le secteur est calme depuis quelques jours ; 1 blessé le 18 et 1 le 19. Au cours de la nuit du 19 au 20 l'aviation ennemie est active; des bombes sont lancées sur Quierzy ; 1 blessé. Durant la nuit du 21 au 22 et la nuit suivante, bruits de travaux ennemis vers le Canal. Le 24, l'artillerie ennemie est active ; 1 blessé. Le 25 "bombardements habituels" du secteur ; 4 blessés. Le 26 tirs de mitrailleuses ennemies sur la route Brétigny Quierzy et la lisière nord du bois de Quierzy. Le 27, torpilliettes et mitraillages ennemis sur la voie ferrée, le Bois de Quierzy, la route de Bourguinon ; 2 tués 5 blessés. Le 28, patrouille de nuit sur la rive droite de l'Oise. Le 30, obus toxiques sur le 204, 1 blessé. 1er mai 1918 ; poursuites de l'organisation défensive du secteur ; pose de fils de fer, création de boyaux et tranchées ... Artillerie peu active. Le 2, l'artillerie ennemie est très active sur le village et le bois de Quierzy ; 1 tué et 2 blessés. Le 4, bombardement intense sur les Bruyères, 3 blessés non évacués. Le 6, la 55e DI passe sous les ordres du 30e CA. Le 8, poursuite des travaux et patrouile de nuit au nord de l'Oise : un prisonnier allemand. Le secteur est calme. Le 10, rafales d'artillerie de nuit sur Quierzy ; 1 tué. Le 14, patrouile au nord de l'Oise. Le 16, artillerie et aviation actives de part et d'autre ; 2 blessés. Le 19, activité d'artillerie dans l'après-midi ; 1 blessé. Le 21, un avion de chasse ennemi atterrit dans nos lignes, le pilote est fait prisonnier, patrouile de nuit au nord de l'Oise ; 1 disparu. Le 24 patrouile de nuit au nord de l'Oise échange de coups de feu ; un prisonnier ramené. Le secteur est calme les jours suivants. L'attaque allemande sur l'Oise Le 27 mai, un prisonnier allemand ayant informé d'une forte attaque allemande à droite pour le 28, ordre est donné de préparer un éventuel repli au sud de l'Aisne dans les jours suivants. A cette date, le 4e Bataillon Prudon occupe en 1e ligne les rives de l'Oise (parallèle principale de résistance), ainsi que la parallèle de doublement et le centre de Quierzy, le 5e Bataillon Fabiani occupe le Bois de Brétigny avec une Cie, la parallèle des réduits avec une Cie et deux Sections de Mitrailleuses et le Bois de Quierzy avec une Cie. Le 6e Bataillon Chapelier est en réserve à Blérancourdelle. 1 blessé. Le 29, 2 Cies au lieu d'une sont affectées à la parallèle des réduits puis ordre général : la défense de l'Oise est abandonnée et reportée en arrière. "Du fait de la situation", les deux DI de gauche du 30e Corps de la VIe armée, 55e et 19e DI en position autour de Quierzy, doivent reporter le gros de leurs troupes sur la position intermédiaire Cuts, Blérancourt, St-Aubin, Selens tout en maintenant une surveillance à l'Oise et au canal. Le 204 commence son repli sur Camelin le 29 à minuit ; le 5e Bataillon Fabiani se porte sur la parallèles des réduits laissant la Cie Harang à Quierzy aux avant postes sur les bords de l'Oise. Le 4e Bataillon se replie sur la position intermédiaire Gisaucourt - Camelin - Le Fresne. Le mouvement est terminé le 30 à 5h30. Le PC du régiment est transporté à Camelin. Les pertes sont de 14 blessés et 1 disparu. Le 30 mai, après un violent bombardement de Manicamp à Quierzy à midi, l'ennemi passe l'Oise et entame le combat avec les éléments de couverture, qui reçoivent des obus toxiques. A 13h30, les allemands sont à Manicamp. Les derniers défenseurs de Quierzy (Cie Harang du 204e) se replient à 15h25 de Quierzy sur la parallèle des réduits. Une heure plus tard, les allemands sont signalés dans le Bois de Brétigny. Le mouvement de repli du 204 est achevé à 19 h. Le Régiment se porte ensuite sur les anciennes positions de 1917 (Ferme Thiolet), à une douzaine kilomètres au sud ouest de Quierzy, par Bourguignon, Camelin, Le Fresne, Nampcel. Il est attaqué en route à Camelin. Les pertes sont de 3 tués, 19 blessés dont 3 intoxiqués et 67 disparus.
II - Libération de Quierzy et la progression vers l'Oise et l'Ailette
A minuit, le gros des trois Bataillons s'arrête en attendant que les éléments avancés déblayent le terrain; le 1/166 au sud du Frétoy, le 2/166 en arrière et à droite, le 6/330 en arrière et à gauche. La progression reprend le 22 au matin. A 8h le 6/330 arrive à Bruyères et pousse la 21e Compagnie du ssLt Marc en avant-garde vers Quierzy. Le village est tenu par plusieurs compagnies avec de nombreuses mitrailleuses et des MinenWerfer (mortiers), on ne peut s'en emparer. Deux Compagnies du 6/330 sont poussées, la 22e à l'ouest, la 23e à l'est afin de déborder le village. En vain. A droite, le 1/166 avance sur la Ferme Montjay où il est pris sous un violent tir de mitrailleuses. La progression est difficile d'autant que la chaleur est accablante. Le mouvement se poursuit néanmoins dans la direction de Manicamp par le ruisseau du Ponceau jusqu'aux tranchées situées à 350 m au sud du village. Au delà la progression devient impossible devant les feux très violents de mitrailleuses et de Minen. Le 2/166 qui marche sur le bois de Fève est également soumis à un bombardement violent et à des tirs de mitrailleuses partant du bois. A 15h, il en occupe les lisières nord et nord-est et continue sur le Bois de Manicamp et la ferme de La Capelle en liaison avec la 2e Division Marocaine. Tout l'après-midi, le bois de Fève est soumis à un violent bombardement par obus de 150. La ferme de La Capelle est occupée à 16h30 et le Bataillon va occuper la lisière nord du bois de Manicamp et essaie de pousser des patrouilles sur l'Ailette. Pendant toute la journée, la progression du Détachement est facilitée par les tirs d'artillerie dirigés sur les pentes du plateau 71 et les villages de Qierzy et Manicamp ... Le 23 au matin, l'attaque sur Quierzy et Manicamp est reprise. Le Bataillon Morel (6/330) attaque Quierzy à 4 h. Grâce à l'énergie du Lt Marc, le bois au sud du village et le village en entier sont pris à 5h30 avec avec 77 prisonniers 2 Minen et une trentaine de mitrailleuses. Maître de Quiezy, le Cdt Morel s'établit en bordure de l'Oise. Une Compagnie occupe la lisière nord et les abords de l'Oise avec une section de soutien à l'entrée du village. Une Cie à la lisière ouest, une Cie à la lisière est. A 6 h, avec l'appui d'une préparation d'artillerie, le Bataillon Baudelle (1/166) attaque Manicamp qui tombe vers 7 h avec une trentaine de prisonniers. A midi, le détachement reçoit l'ordre de passer l'Oise d'atteindre Marest et Dampcourt afin de couper la route Noyon-Chauny aux convois allemands en retraite. Le passage, prévu pour 21h, est annulé à 20h. Brétigny n'est pris que vers 17h 30 par deux Bataillons des 56e et 134e RI de la 15e DI, qui relève la 132e DI dans la nuit du 23 au 24 ; 1er Bataillon du 56e RI à Quierzy, 2e à Manicamp et le 3e en soutien au Frétoy.
Le 24, le 56e RI en défense s'organise en profondeur ; 1 intoxiqué par gaz au 1er Bataillon. Le 25, 5 blessés au 1er Bataillon. Le 27, le front du 56e RI est étendu vers la droite jusqu'au pont-canal sur l'Ailette (132e DI à droite). Dans la nuit du 27 au 28, à Quierzy, le 134e RI relève le 1er Bataillon du 56e RI. Après relève, la 5e Compagnie/134 est en première ligne à Quierzy et la 7e/134 en soutien dans la tranchée sud de Quierzy. (carte) Le 29, tandis que l'attaque sur l'Ailette est déclenchée, le 134e RI reçoit une citation à l'ordre du 18e CA. Dans la nuit du 29 au 30, une patrouille du 134 commandée par le Lt Bégassat traverse l'Oise et ramène 4 prisonniers. Le 31, le 134 envoie trois détachements franchir l'Oise. Le détachement du 2e Bataillon traverse au nord ouest de Quierzy sur des radeaux construits par le Génie afin de nettoyer le terrain entre l'Oise et le canal et se porter vers Dampcourt sur les arrières de l'ennemi. Un poste allemand est attaqué deux prisonniers sont faits. Le détachement se porte ensuite en direction du pont sur le canal. Le canal est rès fortement défendu par des fusils et des mitrailleuses et le détachement se replie derrière l'Oise. Les trois détachements ramènent un total de 80 prisonniers. Les pertes sont de 1 tué et 4 blessés. Le 4, les allemands se replient devant le CA de gauche (15e CA) le 134 reçoit l'ordre de pousser des reconnaissances au nord de l'Oise jusqu'à Marest-Dampcourt par Appilly afin de déborder les résistances ennemies. De Quierzy, un détachement du Bataillon Drüssel (2/134) traverse l'Oise vers Brétigny. Il progresse sous le feu des mitraileuses ennemies, atteint l'écluse d'Appilly et fait un prisonnier. Rencontrant une vive résistance, il capture un second prisonnier et deux mitrailleuses lourdes. Au soir, la ligne Marest-Dampcourt La Bretelle est atteinte. A la nuit, le 134 retourne se rassembler dans le triangle Brétigny Quierzy Les Bruyères derrière le 56e RI avant de faire mouvement les 5 et 6 septembre en direction de Chauny par Manicamp, Marizelle en appui du 56e RI. A droite, l'Ailette est franchie à partir du 29 août mais au delà, la Forêt de Saint-Gobain protégée par les positions fortifiées de la ligne Hindenburg à une douzaine de km à l'est de Quierzy n'est prise que le 12 octobre. Cartes Michelin des batailles de Picardie III - Les tranchées de Quierzy Des tranchées sont creusées le long de l'Oise et des points d'appui organisés en profondeur en mars 1918 à Quierzy. On retrouve lors des derniers combats à Quierzy trois lignes de défense faisant face à l'Oise (carte du JMO du 134e Régiment d'Infanterie du 29 août 1918). Une première tranchée suit la rive sud de l'Oise de Brétigny à Quierzy. Elle existe jusqu'à la zone marécageuse entre Quiery et Manicamp à l'est de la route du nord de Quierzy. Les défenses de ce côté de la route furent progressivement abandonnées lors de la crue de l'Oise début avril 1918. On creuse alors une deuxième tranchée face au nord-est, quelques mètres au sud du chemin de la Prairie de Manicamp situé à la limite de la montée des eaux de l'Oise (cf courbes de niveau). La tranchée suit la route de Manicamp au nord, passe derrière la dernière maison du village puis rejoint la route à l'est de la maison où elle traverse puis suit la route ? Plus loin en direction de Manicamp face au Chemin Baudet sont établis des défenses (pointillés) au nord de la route en arrière du chemin de la prairie. Enfin, au sud de la route Brétigny - Quierzy - Manicamp, du nord du bois de Brétigny jusqu'à l'ouest du chemin Baudet, est établie une ligne défense avec en arrière une tranchée. Dans le village, la tranchée coupe la route de Bourguignon au sud du carrefour. Elle passe ensuite au sud de la dernière maison en direction de Manicamp. A leur extrémité est, les défenses sont au sud de la route et à l'ouest du Chemin Baudet, la tranchée est au sud de la route et à l'ouest du Chemin. A l'ouest du Chemin Baudet, une tranchée coupe le chemin puis suit la route également au sud de la route en direction de Manicamp. Elle rejoint la route à l'entrée du village de Manicamp. Lors des derniers combats à Quierzy, le 134e Régiment d'Infanterie a 3 Bataillons du Régiment en position derrière l'Oise (carte du JMO du 29 août 1918) ; le 3e et le 2e en première ligne de part et d'autre de Bétigny, le 1er en soutien devant le PC du Lt-Col. Touscart commandant le Régiment établi à la Pommeraye. Le 2e Bataillon (carte ci-dessus), établi à l'est de Brétigny, a deux Compagnies en ligne le long de l'Oise, la 6e à droite de Brétigny et la 5e à Quierzy avec la 7e en soutien dans la tranchée au sud de Quierzy. Le PC du Bataillon, commandé par le Cdt Drussel, est à la Ferme des Bruyères. Quierzy est défendu à gauche par la 6e Compagnie qui a deux sections et son PC dans Brétigny, quatre demi-sections dans la Prairie de Brétigny en arrière des tranchées creusées en mars le long de l'Oise avec des mortiers Stokes, des canons de 37 à la Ferme de la Belle Vue, deux batteries de 75 à la lisière nord du Bois de Brétigny. La 5e Compagnie du Lieutenant Content est installée dans Quierzy avec son PC dans la dernière maison route de Manicamp ... ; deux demi-sections dans la Prairie de Brétigny à gauche le long de la voie ferrée, une près de l'Oise, l'autre près de la route de Quierzy à Brétigny avec une batterie de 75, deux sections au nord du village le long de l'Oise, une demi-section à droite entre l'Oise et la Rivièrette (le Clos) avec une batterie de 75 en arrière dans le village et une demi section entre la route de Manicamp et l'ancien cours de l'Ailette (La Capelette) avec une batterie de 75. A droite, la zone marécageuse de la Prairie de Manicamp assure la protection. Au sud, la 7e Compagnie à ses 4 Sections sont dans la tranchée au sud de Quierzy, parallèle à la route Bétigny Quierzy Manicamp à environ 300 m de celle-ci avec deux batteries de 75. La tranchée est à la hauteur des fermes de la Briqueterie et de la Cendrière. On peut supposer que les unités qui
tiennent le front de l'Oise à Quierzy avant le 134e RI, s'y
installent selon des dispositions similaires lors des combats du 24
mars au 30 mai 1918 puis du 23 août au 5 septembre 1918 : L'effectif en ligne varie en fonction de
la situation. En 1918, les trois Bataillons d'un Régiment d'Infanterie comprennent chacun 1 Etat Major de 3 officiers, 1 Petit EM (20 hommes + 16 ou 28 brancardiers selon que le régiment a ou n'a pas de musique), trois Compagnies de 194 hommes plus une Compagnie de Mitrailleuses (CM) de 4 Sections, soit 8 mitrailleuses (2 par section) et 120 hommes au total. La Compagnie est en principe commandée par un capitaine. En 1918, son effectif est de 194 hommes répartis en 4 Sections de combat de 39 hommes maximum chacune et 1 unité hors rang de 38 hommes. La Section de combat
commandée par un lieutenant (ou un
sous-lieutenant, ou un adjudant), épaulé par un
sergent serre-files, se décompose en 2
demi-sections ou 4 escouades. Echelons supérieurs. Les bataillons sont regroupés au sein du Régiment qui comprend 1 Etat Major (11 hommes dont le colonel), 1 Compagnie Hors Rang, 3 bataillons, 1 peloton de canons de 37mm, les trains de combat, le train régimentaire. Les régiments sont groupés par 2 dans une Brigade d'infanterie. Les brigades sont groupées par 2 dans une Division d'infanterie qui comprend en outre : une artillerie divisionnaire, une artillerie lourde, une artillerie de tranchée, une cavalerie, des compagnies du génie et un Quartier général, un service auto, un Parc d'artillerie, télégraphie, convoi administratif et ravitaillement en viande avec son parc de bétail. Les divisions sont enfin groupées dans des Corps d'Armées. Sources : Mémoire des hommes :
JMO 125e Division d'Infanterie, 76e Régiment
d’Infanterie, 55e Division d'Infanterie, 204e
Régiment d’Infanterie, 246e Régiment
d’Infanterie, 289e Régiment
d’Infanterie, 132e Division d'Infanterie, 166e
Régiment d’Infanterie, 330e Régiment
d’Infanterie, 15e Division d'Infanterie, 56e
Régiment d'Infanterie, 134e Régiment d'Infanterie. |
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Les armées françaises pendant la Grande Guerre, Service historique de l’Armée J.M.O.
des unités citées, 3e DC Cote 26 N 483/1, Groupe
d'Escadrons Divisionnaires 70e DI Cote 26 N 395/14, 81e RIT cote 26 N
409/1, 106e brigade 53e DI cote 26 N 525/6), ... |
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