Quierzy, résidence royale | Avant 1914La Grande Guerre | La Guerre 1939-1945 | Autour de QuierzyLiensContact
1917 - Georges Scott - L'illustration
La Grande Guerre
Combats "au coeur de la France" pour la route de Paris

L'axe vers Paris que forme la vallée de l'Oise depuis la Belgique, la "trouée de l'Oise" pour les militaires, est le passage de toutes des invasions depuis Clovis. Sur la rive gauche de la rivière, l'Ailette rejoint l'Oise à Quierzy. L'Aisne coule à moins de 20 km au sud du village. Les deux cours d'eau et leur vallée constituent deux importants obstacles sur la route de la capitale entre le front de la Somme et le Chemin des Dames. Les combats pour la route de Paris "au coeur de la France" seront acharnés sur les plateaux dominant ces vallées, quatre années durant, de septembre 1914 à octobre 1918; Mont de Choisy, Tracy-le-val , Bois de Saint-Mard, Ferme de Quennevières, Ailette, Forêt de Saint-Gobain, ...
Cartes extraites des Armées Françaises dans la Grande Guerre (AFGG)
Les carnets des gardes champêtres de Quierzy, Jean et Julien Couturier, conservées par sa famille, dévoilent de nombreux aspects de la vie du village entre 1876 et 1920. Un important travail a été réalisé à partir de ces documents par Régine Mariage-Samson. Le premier des trois documents, qui indique malheureusement dans son titre " village picard " à propos de Quierzy, village du Soissonnais ...  concerne, en partie donc, la période 1914-1919 : Les habitants du village de Quirerzy avant et pendant la grande guerre
 
<< Quierzy dans la carte d'état-major Laon Sud-Ouest de 1866 (Lat. 55.808.2 Long. 0.8949.5 Hauteur : 64.6) - Portail IGN


Quierzy relève avant 1914 de le 2e Région Militaire (Amiens), commandée de 1910 à janvier 1914 par le général Georges Picquart (1854-1906, qui avait découvert les preuves de la trahison de Ferdinand Esterhazy, à la place duquel le capitaine Alfred Dreyfus avait été condamné). Le 22 décembre 1913 la subdivision de Soissons passe à la 6e Région (Châlons-sur-Marne) : 12e DI (Reims) : 67e RI, Soissons, 40e DI (Saint-Mihiel), 42e DI (Verdun), 3e DC (Compiègne) : 19e RCC, La Fère et 5e DC (Reims)). Celles de Saint-Quentin et Laon restent à la 2e Région : 3e DI (Amiens) : 87e RI, St-Quentin, 17e RA La Fère, 4e DI (Mézières) : 45e RI, Laon, 42e RA, La Fère et 4e DC (Sedan).

La trouée de l'Oise, ou trouée de Chimay, stigmatise en terme militaire la faiblesse de la frontière française entre la Sambre et la Meuse, dépourvue d'obstacle naturel, à moins de 200 km de Paris. De tous temps, dans le prolongement de la Hellweg des marchands, l'Oise est une voie de passage facile et d'invasion vers le sud-ouest. Le faible rôle protecteur de cette zone a refait surface après les défaites napoléoniennes. Le premier traité de 1814 prive en effet la France des places-fortes de Philippeville et Mariembourg. 

Après 1870, le système défensif français prévoit de canaliser les percées ennemies dans cette trouée débouchant sur les places fortes de seconde ligne de La Fère et Laon relevant du 2e Corps d'Armée. Protégeant Paris d'une invasion par la Belgique, ces places fortes sont destinées à fixer l'avancée ennemie pendant que nos troupes manœuvrent sur les flancs des envahisseurs afin de les prendre à revers. 

Les forts Serré de Rivières d'Hirson et des places fortes de La Fère et Laon, obsolètes après les essais des nouveaux obus torpille réalisés en 1886 au fort de la Malmaison, sont désarmés à partir de 1903 puis déclassés en 1912 (on ne fortifie pas devant un pays neutre ...).

L'état-major allemand emprunte sans surprise la trouée de l'Oise dès 1914. Les rives de l'Oise sont par la suite le théâtre d'âpres combats pendant toute la Grande Guerre. Outre les combats d'août à septembre 1914, les engagements sont nombreux de mars à octobre 1918.

     
 
La Trouée de l'Oise, Annales de Géographie, A Demangeon, 1907

Tableau d'assemblage des plans-reliefs au 20.000e du Service Géographique des Armées avec l'évolution du front entre le début et la fin du conflit, Rapport de Guerre, planche XXI - Source IGN

Quierzy est occupé par les allemands dès septembre 1914. Le village sert de cantonnement à l'ennemi et connaît les pillages liés la proximité du front. En mars 1917, avant de se retirer sur la ligne Hindenbourg, en prévision de l'attaque française sur le Chemin des Dames, les allemands détruisent systématiquement toute la région. Le front reste proche, le village sert de cantonnement aux français puis aux anglais. En 1918, Quierzy est l'objet de violents combats; Après l'attaque allemande de mars 1918, le village est pendant des semaines en première ligne sur le front de l'Oise et de l'Ailette, repris par l'ennemi fin mai puis définitivement libéré le 23 août 1918.
 

Courrier

1914 

L'invasion allemande

1 - Contexte : La guerre de mouvement - La manoeuvre en retraite et les préliminaires de la bataille de la Marne


Après la batailles frontières, l'armée britannique se replie le 28 août de part et d'autre de Quierzy : 2e et 3e Corps à l'ouest autour de Noyon, 1er Coprs à l'est autour de Saint-Gobain. Elle y reste établie le 29.

Quierzy est envahi par les allemands dès la fin août 1914. Le 31 août en fin de journée, la cavalerie allemande a franchi l'Oise. Le lendemain, 1er septembre, une colonne allemande traverse le village.

Le mouvement débordant que l'ennemi semble effectuer à l'ouest de la Ve Armée est confirmé dans la soirée du 1er septembre : L'aviation du général Lanrezac a signalé deux colonnes qui ont franchi l'Aisne à Vic-sur-Aisne et Fontenoy, tandis que, plus en arrière ... Des éléments marchaient en particulier de Quierzy sur Blérancourt, de Carlepont sur Nampcel, de RibécourL sur Tracy-le-Mont (AFGG - Tome premier, volume 2 p. 110)

2 - Contexte: La guerre de mouvement - La bataille de l'Aisne, la course à la mer, la bataille des Flandres, les opérations sur le front stabilisé (14 septembre - 14 novembre 1914)

A peine quinze jours plus tard, après la victoire de la Marne, la 6e Armée française repasse l’Aisne le 12 septembre et tente à son aile gauche un mouvement de contournement de l'aile droite de la 1. Armee allemande qui parvient entre Noyon et Brétigny (4e CA, 37e DI, 16e Brigade, Brigade de Spahis). C'est le début de la course à la mer.

Situation d'ensemble des armées françaises le 14 septembre soir

Le 15 septembre, le peloton du lieutenant De Mesmay du 5e escadron du 4e Spahis parti d'Attichy se porte par Carlepont, la Pommeraye à hauteur de Brétigny, où il attaque I'arrière-garde d'un Régiment de Uhlans (1. Armee) qui se retire.

Le 4e Spahis sera en 1917 la première unité à entrer dans Quierzy. 

Situation de la VIe armée, le 14 septembre soir.

Mais à la fin de septembre 1914, les premières tranchées sont creusées à une douzaine de kilomètres au sud de Quierzy. Le front se fixe vers Tracy-le-Val, le Bois de Saint-Mard et la Ferme de Quennevières ...

Situation d'ensemble sur le front du Nord-Est à la date du 15 novembre 1914 

1917

La première libération

Contexte : L'offensive d'avril 1917. Les opérations à objectifs limités (1er novembre 1916 - 1er novembre 1917) - Le repli allemand (février- avril 1917), les offensives de printemps (mai 1917).

Le repli allemand (24 février 1917 - 8 avril 1917)

Lors du repli allemand de 1917, Quierzy se trouve en plein milieu de la zone de repli et de destruction mais le village, épargné par les destructions, est libéré le 19 mars par une reconnaissance du 7e Escadron du 4e Spahis Tunisiens (70e DI, 1e Armée). 

Situation d'ensemble sur le front occidental, à la date du 15 mars 1917

Les cavaliers algériens sont relevés le 20 par les Territoriaux du 2e Bataillon du 16e RIT (81e DT) qui a atteint l'avant-poste de Quierzy sans rencontrer l'ennemi. La rive nord de l'Oise est déjà libérée. Les Territoriaux organisent le terrain conquis, rétablissement des communications et tentent de mettre en place des passerelles sur l'Ailette et son canal. La route de Manicamp à Marizelle, inondée sur ses deux côtés, est sous le feu des allemands.

Les Territoriaux sont relevés par le 236e RI (53e DI) arrivé à Quierzy le 22 au soir pour aller franchir l'Ailette. L'Etat-Major du régiment et le 4e Bataillon s'installent à Quierzy, le 5e à Manicamp et le 6e dans le bois de Manicamp. Après la relève des Territoriaux effectuée dans la nuit du 23 au 24 mars, l'attaque est lancée le 24 mars à 10h30 du matin. Le canal rapidement franchi. A midi, le 236 atteint le Bac d'Arblaincourt puis Bichancourt et Marizelle.

Tandis que la progression se poursuit vers la ligne Hindenbourg, c'est au tour des unités de réserve de s'installer à Quierzy "village respecté où s'entassent les réfugiés de plusieurs communes". Dans la nuit du 27 au 28, le 236 avance sur Chauny et est relevé par le 319 (53e DI). Le 28 mars, le 319 a deux bataillons en première ligne et un à Quierzy. Début avril, après 6 jours d'avant-postes, le 5e Bataillon du 269e RI (70e DI) gagne Quierzy. Le 6e Bataillon n'a pas cette chance et campe sur les ruines de Marizelles ; 5 jours d'avant-poste, 10 jours en réserve dans les ruines. Voir également le journal d'un combattant du 269e RI.

Situation d'ensemble sur le front occidental, à la date du 15 avril 1917

Le front finit par se fixer devant "la ligne" qui passe devant Barisis à une dizaine de kilomètres à peine à l'est de Quierzy et en amont de l'Oise, plus au nord entre Tergnier et La Fère à une quinzaine de kilomètres (carte). La 70e DI reste dans le secteur. En mai, le 269e RI va organiser la Basse-Forêt de Coucy. "Le réseau de fil de fer est renforcé en avant de la lisière et poussé jusqu'à l'Oise à travers les marécages d'où les eaux d'inondation se retirent peu à peu .... Après les fatigues d'une poursuite sans trêve, après des semaines vécues dans la fièvre du travail et de l'insomnie parmi des marécages infectés de moustiques, et parmi des ruines dont la vue finit par être un spectacle déprimant, le 269e a besoin de repos" et est relevé.

Le repli allemand est ressentie comme une réelle victoire, mais c'est aussi un choc pour les français de l'arrière. Outre les marques de la germanisation, ils peuvent voir les désastres de la guerre en France, chose jusque-là impossible en raison d'un front stabilisé et d'un secret militaire respecté. La presse multiplie les reportages photographiques sur "les villages martyrs", montrant les "témoignages de la destruction systématique pratiquée par les Allemands en retraite". Aussitôt, un élan de solidarité vient au secours des réfugiés et des déportés. Les personnalités politiques viennent visiter le territoire reconquis.

Autre conséquence de ce  repli, qui laisse une région dévastée d'où aucune offensive ne peut être lancée, le Gal Nivelle est contraint de modifier en toute hâte son plan d'attaque en tenaille du Chemin des Dames : il doit renoncer à son action sur l'Oise et étendre son attaque à l'est de Reims. L'offensive qui démarre le 16 avril est un désastre.

Des Américaines à Quierzy 1917-1924                                                                                                                         Les civils de l'Aisne dans la guerre 1414 - 1944

En mai 1917, le 1er Corps de Cavalerie s'installe à Blérancourt. Il tient le front entre Quincy-Basse et l'Oise devant la ligne Hindenbourg et participe à "l’industrialisation su secteur de l’Aisne": perfectionnement des organisations défensives, ateliers de réparation de matériels militaire et agricole, aide à la population, travaux agricoles, amélioration des voies ferrées, ateliers de scierie, etc. Malgré la proximité du front, en juin 1917, tandis que les États-Unis sont entrés en guerre en avril, un groupe d'américaines du Comité Américain pour les Régions Dévastées (C.A.R.D.) s'installe à Blérancourt autour d'Anne Morgan pour secourir les populations des villages dévastés. La remise en état des habitations et des terres cultivables s'organise avec l'aide du 1er Corps de Cavalerie (IIIe Armée) stationné également à Blérancourt. Les cavaliers tiennent le front dans la Forêt de Coucy et participe à "l’industrialisation su secteur de l’Aisne": perfectionnement des organisations défensives, ateliers de réparation de matériels militaire et agricole, aide à la population, travaux agricoles, amélioration des voies ferrées, ateliers de scierie, etc

De cette époque (sept. 1917) date également les travaux de construction d'une nouvelle voie ferrée d'Appilly à Coucy par Quierzy. Le 39e RI (130e DI, IIIe Armée Humbert), qui opère en forêt de Coucy, Sinceny en oct.-nov. 1917 a établi son EM à Quierzy en septembre. 

1918

Les combats de 1918

Contexte :  L'hiver 1917-1918. - L'offensive allemande (1er novembre 1917 - 18 juillet 1918) - L'offensive allemande de l'Oise à la Mer du Nord (1er novembre 1917 - 30 avril 1918)

En janvier 1918, la IIIe Armée française est relevée par les britanniques dont le front est étendue jusqu'à Barisis. Les soldats anglais cantonnent à leur tour à Quierzy.

Deux cavaliers du 10e régiment de Dragons (ex 7e division de cavalerie dissoute le 23 juillet 1917, passé au 37e CA puis groupement d'Ugny) sont tués à Quierzy (accident / asphyxie) le 12 janvier 1918. Le 37e CA occupe un secteur vers La Fère, Moy, Urvillers jusqu'à sa dissolution le 11 janvier 1918. Les éléments restés en secteur entre l'Oise et Urvillers (62e DI et 154e DI) constituent le groupement d'Ugny sous les ordres du général Taufflieb (ex 37e CA). Ce groupement reste rattaché, jusqu'au 18 janvier, à la IIIe Armée, puis à la VIe Armée. Du 26 au 30 janvier, relève des éléments du groupement d'Ugny par l'armée britannique. Le 2 février, dissolution du groupement.

En mars 1918, après 10 mois de travaux de reconstruction, le personnel du CARD doit se préparer à évacuer Blérancourt pour Vic-sur-Aisne. 

1 -  L'attaque allemande au nord de l'Oise

Situation entre l'Oise et la Somme le 21 mars 1918 au matin

Au moment de l'attaque allemande du 21 mars, le front est tenu devant Quierzy, entre La Fère et Barisis, sur les deux rives de l'Oise, par la 58e Division Britannique (3e Corps, Ve Armée Brit. Gal Gough), dont l'Etat-Major est à Quierzy. Les 125e et 55e Division d'Infanterie (Groupement Diebold) arrivent en renfort. Débarquées dans le secteur de Quierzy, elles vont combattre au nord de l'Oise avant de se replier au sud pour s'y établir défensivement. 

Situation le 25 mars 1918 au matin

Le 25 mars, la 125e DI, qui a supporté pendant 3 jours le choc de l'ennemi avec de lourdes pertes, renforcée par des éléments des 204e et 246e RI de la 55e DI s'établit à Quierzy, PC à la Ferme de Monjay. Les anglais font sauter le pont après le passage des derniers éléments. Un front est rétabli au sud de l'Oise ; 289e RI (55e DI) entre Brétigny et Quierzy, 76e RI (125eDI) à Quierzy avec les anglais, 246e RI (55e DI) entre Quierzy et Manicamp. Des tranchées sont creusées le long de la rive et des points d'appui organisés en profondeur tandis que l'eau monte dans les marais. L'Ailette déborde. Le lendemain, le front est calme, le 76e RI (125e DI) relève les anglais à Quierzy où le 246 (55e DI) est en 1e ligne avec le 76 en soutien aux Bruyères avec le PC du régiment. 

Situation le 26 mars 1918 au matin

Organisation du secteur de Quierzy

Première ligne les rives de l'Oise (parallèle principale de résistance), ainsi que la parallèle de doublement et le centre de Quierzy, la parallèle des réduits.

Tandis que sur l'Oise le pont de la voie ferrée à l'ouest de Quierzy est détruit le 27, le 246 relève le 76 le 28 mars ; le 246 reste à Quierzy en 1e ligne. Les unités des 204e et 246e RI en 1e position restent en place. PC du 246 à Bourguignon. Maintien des communications téléphoniques. PC de la 55e DI à Le Fresnes le 28 au soir.

Le 29, le 246 reste en ligne à Quierzy et relève à l'ouest des éléments du 289e. A la nuit, le 204 relève le 246 en 2e ligne à Quierzy. Le 30 à la nuit, le 246 est relevé par le 204 à Quierzy en 1e ligne. PC du 204 à Bourguignon. Le 31 mars, bombardement de Quierzy et Manicamp.

Nuit du 31 mars au 1er avril, bombardement intense de Quierzy toute la nuit par obus de 105 et 150. Le 2 avril, le sous-secteur du 204 est étendu jusqu'au confluent de l'Ailette exclu. Le niveau de l'Oise qui monte oblige à établir des passerelles pour ravitailler les groupes de combats des bords immédiats de la rivière. 3 avril, bombardement intermittant de Quierzy et de ses abords, 3 blessés.

L'Oise continue de monter. Le 4 avril, la crue de l'Oise oblige les groupes de combat de la Compagnie de droite du 204 à se replier derrière l'ancien cours de l'Ailette. L'ennemi bombarde Quierzy. L'artillerie ennemie plus active que les jours précédents, 2 tués et 9 blessés. 

2 - L'attaque allemande sur l'Ailette

Situation de l'aile gauche de la VIe armée française le 6 avril 1918 au matin 

Le 6 avril, les allemands attaquent à droite du secteur de la 55e Division (161e DI) avec des tirs d'artillerie jusqu'à l'ouest de Quierzy. Ils réussissent à passer l'Oise à l'ouest de Chauny et occupent Autreville. Les unités à droite de la 55e DI se replient derrière le canal de l'Ailette où elles s'organisent défensivement (19e DI intercalée à droite entre la 55e et la 161e et à Quierzy en 2e ligne). Le 204 envoie des éléments face à l'Ailette à la disposition du 246. La progression allemande est arrêtée sur les positions préparées derrière le canal de l'Ailette. Le 204 a 7 tués, 5 blessés et 2 intoxiqués par les gaz. Le 7, l'activité d'artillerie reste grande ; 2 tués, 2 blessés. Le 8, tirs intermittants, 3 blessés. 

Situation entre l'Oise et la mer du Nord le 9 avril 1918 au matin

Le 204 poursuit activement les travaux d'organisation du secteur et subit des bombardements qui lui cause des pertes ; 1 tué, 1 blessé le 13. 1er mai 1918 ; poursuites de l'organisation défensive du secteur ; pose de fils de fer, création de boyaux et tranchées ... Artillerie peu active. Le 2, l'artillerie ennemie est très active sur le village et le bois de Quierzy ; 1 tué et 2 blessés. Le 4, bombardement intense sur les Bruyères, 3 blessés non évacués. Le 6, la 55e DI passe sous les ordres du 30e CA.

3 - L'attaque allemande sur l'Oise

Contexte :  L'offensive allemande (1er novembre 1917 - 18 juillet 1918) - L'offensive allemande contre les armées françaises (1er mai - 18 juillet 1918)

Le 27 mai, un prisonnier allemand ayant informé d'une forte attaque allemande à droite pour le 28, ordre est donné de préparer un éventuel repli au sud de l'Aisne dans les jours suivants. 

Situation de la VIe armée française le 28 mai 1918, vers 6 heures du matin

Le 29, 2 Cies au lieu d'une sont affectées à la parallèle des réduits puis ordre général : la défense de l'Oise est abandonnée et reportée en arrière. "Du fait de la situation", les deux DI de gauche du 30e Corps de la VIe armée, 55e et 19e DI en position autour de Quierzy, doivent reporter le gros de leurs troupes sur la position intermédiaire Cuts, Blérancourt, St-Aubin, Selens tout en maintenant une surveillance à l'Oise et au canal.

Le 204 commence son repli sur Camelin le 29 à minuit ; le 5e Bataillon Fabiani se porte sur la parallèles des réduits laissant la Cie Harang à Quierzy aux avant postes sur les bords de l'Oise. Le 4e Bataillon se replie sur la position intermédiaire Gisaucourt - Camelin - Le Fresne. Le mouvement est terminé le 30 à 5h30. Le PC du régiment est transporté à Camelin. Les pertes sont de 14 blessés et 1 disparu.

Le 30 mai, après un violent bombardement de Manicamp à Quierzy à midi, l'ennemi passe l'Oise et entame le combat avec les éléments de couverture, qui reçoivent des obus toxiques.

A 13h30, les allemands sont à Manicamp. Les derniers défenseurs de Quierzy (Cie Harang du 204e) se replient à 15h25 de Quierzy sur la parallèle des réduits. Une heure plus tard, les allemands sont signalés dans le Bois de Brétigny. Le mouvement de repli du 204 est achevé à 19 h. Le Régiment se porte ensuite sur les anciennes positions de 1917 (Ferme Thiolet), à une douzaine kilomètres au sud ouest de Quierzy,  par Bourguignon, Camelin, Le Fresne, Nampcel. Il est attaqué en route à Camelin. Les pertes sont de 3 tués, 19 blessés dont 3 intoxiqués et 67 disparus.

Situation d'ensemble sur le front occidental le 18 juillet 1918

 

II - Libération de Quierzy et la progression vers l'Oise et l'Ailette

Contexte :  La campagne offensive de 1918 et la marche au Rhin (18 juillet 1918 - 28 juin 1919) - Les offensives de dégagement et la préparation des offensives générales (18 juillet 1918 - 25 septembre 1918)

Situation d'ensemble sur le front occidental le 20 août 1918

Le 20 août 1918 au matin, la 132e Division d'Infanterie (18e CA, Xe Armée) s'élance des anciennes positions de 1917. Le 330e RI enlève le Mont de Choisy qui domine la route de Noyon. Le lendemain, le 6e Bataillon du 330e RI, faisant partie d'un détachement de poursuite des 166e et 330e RI, commandé par le lieutenant-colonel Santa, poursuit sur un axe La Pommeraye, Le Frétoy, lisière du bois de Brétigny, Les Bruyères, Quierzy. La progression est lente. Le détachement est bombardé par avions puis vers 17h30 la Compagnie d'avant-garde du  6/330 est arrêtée par des feux de mitraillettes partant de la ferme de l'Usine, de le lisière sud du bois de Brétigny et de la ferme du Frétoy ainsi que par des tirs de canon.

A minuit, le gros des trois Bataillons s'arrête en attendant que les éléments avancés déblayent le terrain; le 1/166 au sud du Frétoy, le 2/166 en arrière et à droite, le 6/330 en arrière et à gauche.

La progression reprend le 22 au matin. A 8h le 6/330 arrive à Bruyères et pousse la 21e Compagnie du ssLt Marc en avant-garde vers Quierzy. Le village est tenu par plusieurs compagnies avec de nombreuses mitrailleuses et des MinenWerfer (mortiers), on ne peut s'en emparer. Deux Compagnies du 6/330 sont poussées, la 22e à l'ouest, la 23e à l'est afin de déborder le village. En vain.

A droite, le 1/166 avance sur la Ferme Montjay où il est pris sous un violent tir de mitrailleuses. La progression est difficile d'autant que la chaleur est accablante. Le mouvement se poursuit néanmoins dans la direction de Manicamp par le ruisseau du Ponceau jusqu'aux tranchées situées à 350 m au sud du village. Au delà la progression devient impossible devant les feux très violents de mitrailleuses et de Minen.

Le 2/166 qui marche sur le bois de Fève est également soumis à un bombardement violent et à des tirs de mitrailleuses partant du bois. A 15h, il en occupe les lisières nord et nord-est et continue sur le Bois de Manicamp et la ferme de La Capelle en liaison avec la 2e Division Marocaine. Tout l'après-midi, le bois de Fève est soumis à un violent bombardement par obus de 150. La ferme de La Capelle est occupée à 16h30 et le Bataillon va occuper la lisière nord du bois de Manicamp et essaie de pousser des patrouilles sur l'Ailette.

Pendant toute la journée, la progression du Détachement est facilitée par les tirs d'artillerie dirigés sur les pentes du plateau 71 et les villages de Qierzy et Manicamp ...

Le 23 au matin, l'attaque sur Quierzy et Manicamp est reprise. Le Bataillon Morel (6/330) attaque Quierzy à 4 h. Grâce à l'énergie du Lt Marc, le bois au sud du village et le village en entier sont pris à 5h30 avec avec 77 prisonniers 2 Minen et une trentaine de mitrailleuses. Maître de Quiezy, le Cdt Morel s'établit en bordure de l'Oise. Une Compagnie occupe la lisière nord et les abords de l'Oise avec une section de soutien à l'entrée du village. Une Cie à la lisière ouest, une Cie à la lisière est.

A 6 h, avec l'appui d'une préparation d'artillerie, le Bataillon Baudelle (1/166) attaque Manicamp qui tombe vers 7 h avec une trentaine de prisonniers.

A midi, le détachement reçoit l'ordre de passer l'Oise d'atteindre Marest et Dampcourt afin de couper la route Noyon-Chauny aux convois allemands en retraite. Le passage, prévu pour 21h, est annulé à 20h.

Brétigny n'est pris que vers 17h 30 par deux Bataillons des 56e et 134e RI de la 15e DI, qui relève la 132e DI dans la nuit du 23 au 24 ; 1er Bataillon du 56e RI à Quierzy, 2e à Manicamp et le 3e en soutien au Frétoy.

Bataille de Noyon (20-29 août)

132e DI : 166e Régiment d’Infanterie (Verdun) 298e Régiment d’Infanterie (Roanne) 330e Régiment d’Infanterie (Mayenne) 366e Régiment d’Infanterie (Verdun)
15e DI : 10e Régiment d'Infanterie (Auxonne) 56e Régiment d'Infanterie (Chalon-sur-Saône) 134e Régiment d'Infanterie (Mâcon, Dijon)

Le 24, le 56e RI en défense s'organise en profondeur ; 1 intoxiqué par gaz au 1er Bataillon. Le 25, 5 blessés au 1er Bataillon.

Le 27, le front du 56e RI est étendu vers la droite jusqu'au pont-canal sur l'Ailette (132e DI à droite). Dans la nuit du 27 au 28, à Quierzy, le 134e RI relève le 1er Bataillon du 56e RI. Après relève, la 5e Compagnie/134 est en première ligne à Quierzy et la 7e/134 en soutien dans la tranchée sud de Quierzy. 

Poussée vers la position Hindenburg (30 août - 25 septembre)

Le 29, tandis que l'attaque sur l'Ailette est déclenchée, le 134e RI reçoit une citation à l'ordre du 18e CA.

Dans la nuit du 29 au 30, une patrouille du 134 commandée par le Lt Bégassat traverse l'Oise et ramène 4 prisonniers. Le 31, le 134 envoie trois détachements franchir l'Oise. Le détachement du 2e Bataillon traverse au nord ouest de Quierzy sur des radeaux construits par le Génie afin de nettoyer le terrain entre l'Oise et le canal et se porter vers Dampcourt sur les arrières de l'ennemi. Un poste allemand est attaqué deux prisonniers sont faits. Le détachement se porte ensuite en direction du pont sur le canal. Le canal est rès fortement défendu par des fusils et des mitrailleuses et le détachement se replie derrière l'Oise. Les trois détachements ramènent un total de 80 prisonniers. Les pertes sont de 1 tué et 4 blessés.

Le 4, les allemands se replient devant le CA de gauche (15e CA) le 134 reçoit l'ordre de pousser des reconnaissances au nord de l'Oise jusqu'à Marest-Dampcourt par Appilly afin de déborder les résistances ennemies. De Quierzy, un détachement du Bataillon Drüssel (2/134) traverse l'Oise vers Brétigny. Il progresse sous le feu des mitraileuses ennemies, atteint l'écluse d'Appilly et fait un prisonnier. Rencontrant une vive résistance, il capture un second prisonnier et deux mitrailleuses lourdes. Au soir, la ligne Marest-Dampcourt La Bretelle est atteinte.

A la nuit, le 134 retourne se rassembler dans le triangle Brétigny Quierzy Les Bruyères derrière le 56e RI avant de faire mouvement les 5 et 6 septembre en direction de Chauny par Manicamp, Marizelle en appui du 56e RI.

A droite, l'Ailette franchie, il reste encore à s'emparer de la Forêt de Saint-Gobain protégée par les positions fortifiées de la ligne Hindenburg à une douzaine de km à l'est de Quierzy ...

Contexte - La campagne offensive de 1918 et la marche au Rhin (26 septembre 1918 - 28 juin 1919)

Tableau d'ensemble des champs de bataille du 18 juillet au 11 novembre 1918

Vingt neuf Morts pour la France au cours de la Première Guerre Mondiale à Quierzy

Le site Mémoire des Hommes donne trente et un Morts pour la France au cours de la Première Guerre Mondiale à Quierzy (soixante quinze à Manicamp, soixante dix sept à Brétigny). A Quierzy, dans deux cas cependant la fiche manuscrite de Jean Louis LE METAYER et Marc Antoine ROUSSEL ne mentionne pas Quierzy mais Belle Fontaine et Villette. 

Parmi les vingt neuf restants, deux sont tués en avril - mai 1917, peu après la première libération de Quierzy. Ils appartiennent au 226e régiment d'infanterie (70e DI), formé près de Toul, alors en secteur vers Coucy, Servais, et sont originaires de Meurthe-et-Moselle. 

Nous avons ensuite deux cavaliers du 10e régiment de dragons (2e DC ?) de Montauban, tués dans un accident le 12 janvier, puis neuf morts entre fin mars et fin mai, lors de la dernière grande attaque allemande du printemps 1918, dont sept appartiennent au 204e régiment d'infanterie d’Auxerre (55e DI). 

Enfin, la période la plus meurtrière est celle de la libération de l’été 1918, avec seize tués, dont trois du 330e régiment d'infanterie de Mayenne (132e DI), qui libère Quierzy le 23 août. Il y a quatre tués à Quierzy pour cette seule journée, un au 166e régiment d'infanterie de Verdun (132e DI) et trois au 330e régiment d'infanterie. Deux cavaliers du 5e régiment de spahis de Sidi Bel Abbès (38e DI) ont été tués la veille lors de la première tentative sur le village. 

Quinze d'entre eux reposent à la Nécropole Nationale de Champs. Base des sépultures de Guerre - Mémoire des Hommes 

 
Morts pour la France au cours de la Première Guerre Mondiale à Quierzy
Mémoire des Hommes
 

Nom

Prénom(s)

Date de naissance

Département/Pays de naissance

Grade

Unité

Date décès

Complément *

FLEURENT

René Victor Alfred

17/02/1882

54 - Meurthe-et-Moselle

Caporal

226e régiment d'infanterie (226e RI)

15/04/1917

 

LEMOINE

René Louis

05/04/1892

54 - Meurthe-et-Moselle

 

226e régiment d'infanterie (226e RI)

26/05/1917

 

DURAND

Celestin Charles Pierre

09/07/1897

12 - Aveyron

 

10e régiment de dragons (10e RD)

12/01/1918

Accident

COURET

Raymond Jean François

06/10/1891

31 - Haute-Garonne

 

10e régiment de dragons (10e RD)

12/01/1918

Mort par asphyxie

PISSAVY

François

04/08/1890

15 - Cantal

Caporal

289e régiment d'infanterie (289e RI)

25/03/1918

 

HOLLIER

Gaston Ernest

07/11/1891

89 - Yonne

 

76e régiment d'infanterie (76e RI)

25/03/1918

 

POYART

Raymond

21/03/1895

75 - Paris (ex Seine)

 

204e régiment d'infanterie (204e RI)

06/04/1918

 

PLAT

Jean

10/01/1895

15 - Cantal

 

204e régiment d'infanterie (204e RI)

11/04/1918

 

TARDY

Léopold

05/02/1891

10 - Aube

 

204e régiment d'infanterie (204e RI)

11/04/1918

 

THIERRY

Charles

14/07/1878

54 - Meurthe-et-Moselle

 

204e régiment d'infanterie (204e RI)

11/04/1918

 

DUVAL

Ernest

12/01/1890

41 - Loir-et-Cher

 

204e régiment d'infanterie (204e RI)

13/04/1918

 

FRESLON

Alcide Arthur

18/11/1884

89 - Yonne

 

204e régiment d'infanterie (204e RI)

10/05/1918

 

PUJOL

Jean

25/05/1897

31 - Haute-Garonne

1e classe

204e régiment d'infanterie (204e RI)

21/05/1918

 

ROMANET

Marius Félix

11/03/1899

39 - Jura

54e régiment d'infanterie (54e RI)

01/08/1918

LECOMTE

Fernand

16/01/1895

41 - Loir-et-Cher

289e régiment d'infanterie (289e RI)

11/08/1918

BACHATENE

Mohamed ben Ali

1894

Algérie Alger

Brigadier

5e régiment de spahis (5e RS)

22/08/1918

SP 112

OTHMAN

Ben Abdallah Ben Khélifa

1897

Algérie Oran

5e régiment de spahis (5e RS)

22/08/1918

CURRON

Raymond Jean

23/03/1884

973 - Guyane

166e régiment d'infanterie (166e RI)

23/08/1918

BARBE

Henri Eugène Anselme

07/02/1892

26 - Drôme

Sergent

330e régiment d'infanterie (330e RI)

23/08/1918

Au Mont de Choisy (mention rayée)

BUSSON

Louis Marie Mathurin

09/06/1893

22 - Côtes-du-Nord

330e régiment d'infanterie (330e RI)

23/08/1918

LEMARCHAND

Eugène Marie François

31/08/1897

22 - Côtes-du-Nord

330e régiment d'infanterie (330e RI)

23/08/1918

Mont de Choisy

AUBRY

Marcel Vital Auguste

17/01/1898

55 - Meuse

56e régiment d'infanterie (56e RI)

24/08/1918

BOUGHANEM

Siméon

1898

Algérie Oran ?

1er régiment de marche de zouaves

31/08/1918

A l'Ailette

PITAUD

Henri François

22/11/1898

71 - Saône-et-Loire

134e régiment d'infanterie (134e RI)

04/09/1918

PHALIP

Albert

17/02/1898

12 - Aveyron

134e régiment d'infanterie (134e RI)

07/09/1918

CORDELLIER

Emile Eugène

19/07/1889

51 - Marne

166e régiment d'infanterie (166e RI)

13/09/1918

DURAND

François Frédéric

26/01/1885

46 - Lot

283e régiment d'infanterie (283e RI)

29/09/1918

Champ de bataille près Barisis

SIVY

Jules René

26/04/1889

56 - Morbihan

283e régiment d'infanterie (283e RI)

29/09/1918

Barisis

HERAULT

Georges

31/12/1889

37 - Indre-et-Loire

Second maître fusilier

bataillon de fusiliers marins (BFM)

29/09/1918

Passage de l'Ailette

 
*Les informations complémentaires de la fiche manuscrite quant au lieu du décès, indiquent dans six cas des lieux clairement en dehors du village : "Quierzy, Mont de Choisy" ou "Quierzy, Barisis" par exemple. Il peut s'agir de décès enregistrés/constatés à Quierzy, où stationne bien l'unité quelques jours plus tard, ou plus probablement d'une description du secteur des combats.

Il y a 100 ans
De la montée des tensions dans les Balkans en juin 1914 jusqu’au traité de Versailles signé le 28 juin 1919,
le déroulé de la guerre à travers la presse locale ou nationale, contrôlée par les troupes d’occupation ou par le gouvernement français.
https://archives.aisne.fr
 

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Association 1914-1918

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Le 6e Cuirassiers 1914-1918

La 3e Division US 1914-1918

Les armées françaises dans la Grande Guerre, Service historique de l’Armée

J.M.O. des unités citées, 3e DC Cote 26 N 483/1, Groupe d'Escadrons Divisionnaires 70e DI Cote 26 N 395/14, 81e RIT cote 26 N 409/1, 106e brigade 53e DI cote 26 N 525/6), ...
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