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Courrier

La Grande Guerre

1917, la première libération

Le repli allemand de mars 1917 - La deuxième bataille de l'Aisne
Opération Alberich 15-19 mars 1917

L'invasion allemandeLa première libération | Les combats de 1918 | Les tranchées à Quierzy | La reconstruction

L'aide du 1er Corps de Cavalerie | Des Américaines à Quierzy 1917-1924



En février 1917, les allemands, affaiblis par les batailles de l’année 1916, et en prévision de l'attaque française sur le Chemin des Dames, entamment un recul d'une cinquantaine de kilomètres sur un front de 130 kilomètres entre Arras et Soissons (Opération Alberich) pour racourcir leur front et rejoindre la Ligne fortifiée Hindenburg, qui passe dans la forêt de Saint-Gobain vers Barisis. Ce repli sera lourd de conséquences pour la région qui est la cible de destructions par le feu ou l’explosif, laissant un spectacle de désolation durable. 

A la mi-février 1917, les habitants de la zone comprise entre le front et la ligne de repli sont évacués ; une seule valise par personne autorisée. Les hommes valides et les femmes sans enfant partent en train vers Hirson dans le nord du département afin d'y travailler pour l'ennemi, les autres vers le front ... Les allemands redoutant une attaque du saillant que forme le front devant Roye se replient méthodiquement ; Avant cette manoeuvre, ils entreprennent le pillage puis la destruction systématique de la région ; Dynamitage des édifices et des maisons, destruction des arbres, des puits, ... Rien ne doit pouvoir être utilisé par les alliés. Tout ce qui ne peut être emporté est détruit ou saccagé. 

A Autreville : "Le 16 février dernier, tout ce qu'il y avait de valide dans la population a été envoyé dans le nord, c'est-à-dire environ deux cent trente habitants : hommes, femmes, jeunes filles et enfants, de quatorze à soixante ans. Une quarantaine encore sont partis le 22 février. Tout le reste a été évacué à Quierzy les 27 et 28 février". 
Rapports et procès-verbaux d'enquête de la commission instituée en vue de la commission instituée en vue de constater les actes commis par l'ennemi en violation du droit des gens (décret du 23 septembre 1914). Tome 5

La destruction de Chauny commence le 5 mars. C'est ensuite le tour des villages alentours tandis que le gros des troupes est retiré du front (c'est le XXIIIe Corps de Réserve de la VIIe Armée allemande Schubert qui opère sur la rive sud de l'Oise).

Les éléments restés en lignes se retirent en combattant à partir du 15 mars (15e DLW et 44e DR au nord de l'Oise et 213e D et 46e DR au sud). Dans la nuit du 15 au 16, les patrouilles françaises pénètrent dans les tranchées allemandes qu'elles trouvent vides et le 16 au matin toute la première ligne ennemie est occupée. Le Groupe d'Armées du Centre décide alors de porter en avant la Ière Armée en direction de Noyon et Chauny. 

La traversée de la zone qui constituait le front est difficile. Les quelques passages rapidement créés à travers les réseaux et les tranchées, qui dépassent parfois huit à dix kilomètres, sont encombrées et les voitures s'y embourbent. Au-delà, les routes sont coupées. La question du ravitaillement devient rapidement critique. La progression de l'infanterie, rapide au début, est vite difficile. 

Sur la rive droite de l'Oise

Noyon surpeuplé et affamé est libéré le 18 mars 1917 après 30 mois d'occupation, Chauny en ruine le 19 par la 3e Division de Cavalerie qui, débouchant de Noyon à 12h30, dépasse la 61e DI pour aller tenir les ponts de l'Oise entre Noyon et Chauny et pénètre dans la ville évacuée par les allemands. L'infanterie (61e DI) rejoint à la nuit et occupe la ville. 

Ce sont notamment les 26e et 61e DI (13e et 35e CA) qui opèrent à la mi-mars 1917 sur la rive nord de l’Oise dans la poursuite des troupes allemandes lors de leur retrait stratégique (opération Alberich).
La 26e DI (92e, 121e et 139e RI) est engagée à partir du 17 mars. Elle est le 18 à 10 heures à Noyon où elle est traversée par la 61e DI et la 3e DC marchant vers Chauny. Elle travaille à la réparation des routes et progresse vers le canal Crozat avant d'être retirée du front le 19.
La 61e DI (264e, 265e, 219e et 262e RI), engagée le 17 mars fait mouvement en direction de Noyon (sérieux embouteillage), traversé le 18, puis Chauny, atteint le 19, et le canal de St-Quentin vers Tergnier, occupé le 20 mars.
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La 53e DI (205e, 236e RI et 319e) en ligne le long de l'Oise rive nord est engagée le 19 mars. Elle passe le 22 mars à la disposition du 33e CA au sud de l'Oise dans la zone de la 81e DT : 236e RI à Quierzy - Brétigny et 205e RI à Bourguignon - Besmé. La division prend part au combat de Quierzy puis avance jusqu'à Chauny. 

"Le Récit", la célèbre peinture de François Flameng parue dans L'Illustration en mars 1917 après la libération de Noyon, présente à droite un homme du 125 RI (9e CA, 4e Armée), régiment qui se trouve à cette date à l'instruction au camp de Mailly dans l'Aube, avant d'être engagé en avril dans Bataille du Chemin des Dames.

La première libération de Quierzy

Spahi du 4e RégimentSur la rive gauche de l'Oise, c'est la 81e Division Territoriale (33e CA, Ie Armée) qui tient le front entre l'Oise et la ferme Quennevières depuis début mars avec à sa droite la 70e Division d'Infanterie (33e CA, Ie Armée) entre la ferme Quennevières et Hautebraye (au nord de Vic-sur-Aisne). Le 17 mars les patrouilles d'infanterie, qui pénètrent à la nuit dans les tranchées allemandes, les trouvent évacuées en tout ou partie, les occupent immédiatement (4 lignes de tranchées par endroit) et progressent ensuite sans rencontrer de résistance malgré les obstacles laissés par les allemands qui se replient par petits détachements. 

Les cavaliers nord-africains du Groupe Roussel (6e et 7e escadrons du 4e Spahis Tunisiens) mis à la disposition de la 70e DI, opèrent immédiatament le long de l'Oise et lancent plusieurs reconnaissances très dangereuses sur l'Ailette, le 7e escadron vers Cuts, Varennes, pour y assurer la liaison avec la cavalerie du 13e CA et Brétigny et Quierzy, le 6e par Blérancourt et Saint-Paul-aux-Bois, Besmé et Manicamp. Elles ont pour mission de reconnaître la ligne, d'arrêter l'ennemi, de tâcher de préciser exactement les points occupés et de voir si les passages sur le canal de l'Ailette sont détruits ou non. 

Le 19 mars à 6h30, les deux escadrons sont envoyés en avant, 7e escadron en tête. En début de matinée une reconnaissance du 7e escadron pénètre dans Quierzy évacué par les allemands dans la nuit du 17 au 18 mars; les ponts sont détruits mais le village a été épargné, Manicamp est encore occupé avec de l'artillerie. 

En fin de journée, le 7e Escadron cantonne en première ligne à Quierzy. Manicamp est en flamme, le 6e doit aller cantonner à Besmé. 

Ce même 4e Spahis avait atteint Brétigny le 15 septembre 1914 après la Bataille de la Marne. Ce mouvement vers Quierzy de l'aile gauche de la 6e Armée avait marqué le début de "la Course à la Mer".

Les Territoriaux de la 81e occupent le 19 mars Varesnes en liaison avec le 13e CA, la Ferme Mériquin, le Moulin de la Prée, Hesdin, la Pommeraye, Cuts, la 70e DI a ses avant-gardes à Blérancourt, Camelin, Besmé, St-Aubin, Selens, pillés et dévastés par l'ennemi. "Les populations civiles font un accueil chaleureux à nos troupes et demandent des vivres et du pain. Partout, les routes sont coupées et les arbres fruitiers systématiquement sciés".

Le 20, les Spahis quittent Quierzy pour aller reconnaître les points de passages sur le canal et l'Ailette entre le moulin du Pont-Daast et Pont-St-Mard ; dans la matinée ils assistent au dynamitage du château de Coucy.

Dans le même temps, le 16e RIT (81e DT) a atteint Quierzy sans rencontrer l'ennemi. Il a son 2e Bataillon en avant-poste dans le village et envoie des reconnaissances sur Manicamp, le canal de l'Ailette et la Ferme d'Arblaincourt; "elles reçoivent des coups de fusils d'éléments ennemis embusqués sur l'autre rive." A droite, les reconnaissances de la 70e DI sont pareillement accueillies le long de l'Ailette. Les Territoriaux du 16e, établis à Brétigny, Quierzy, Manicamp, organisent le terrain conquis, rétablissement des communications et tentent de mettre en place des passerelles sur l'Ailette et le canal. Le 22, une patrouille du 2e Bataillon tente d'approcher le canal par la route de Manicamp à Marizelle inondée sur ses deux côtés. Les allemands tirent depuis l'autre rive du canal, la patrouille a 2 tués et 4 blessés. "Les autres patrouilles ne parviennent à rentrer qu'en se jetant à l'eau sur les côtés de la chaussée".

Les Territoriaux sont relevés pendant la nuit par le 236e RI de la 53e DI arrivé à Quierzy à 19h 30 (5e et 6e bataillons) pour aller franchir l'Ailette. Le 23, l'infanterie est en contact sur l'Ailette et la cavalerie retourne en attente à Camelin. L'ennemi est parvenu sur la fameuse ligne Hindenbourg, où il y a entrepris une sérieuse résistance esquissée depuis le 20 mars et qui a été depuis en s'accentuant.

Détail des unités >>>



Compte rendu de reconnaissance du Lieutenant Emonet, 4e Spahis, 19 mars 1917 (JMO 70e DI)

 

Le repli allemand de mars 1917
Cartes extraites des Armées Françaises dans la Grande Guerre (AFGG)

Quierzy est mentionné dans le journal d'un combattant du 269e RI (70e DI) qui arrive le 22 mars vers Trosly jusqu'au canal Oise-Aisne, où les allemands semblent s'être arrêté. Après plusieurs tentatives infructueuses pour franchir le canal, les hommes se reposent à Quierzy le 3 avril.

On retrouve dans l'Historique du 269e RI que début avril, après 6 jours d'avant-postes, le 269e est relevé ; Le 5e Bataillon gagne Quierzy, "village respecté où s'entassent les réfugiés de plusieurs communes". Le 6e Bataillon n'a pas cette chance et campe sur les ruines de Marizelles. 5 jours d'avant-poste, 10 jours en réserve dans les ruines etc.

Plus les libérateurs avancent dans le "no mans land" plus les defénses deviennent organisées et sur la rive gauche de l'Oise, où se trouve Quierzy, les allemands sont retranchés derrière l'Ailette. Le cours d'eau qui se jette dans l'Oise entre Quierzy et Manicamp et son canal situé à 4 km à l'est du village, constituent de sérieux obstacles avant la ligne Hindenburg.

L'attaque de l'Ailette 

Le 236e RI (53e DI) arrive en première ligne sur l'Oise le 23 mars ; EM et 4e Bataillon à Quierzy, 5e à Manicamp et 6e dans le bois de Manicamp. Il relève dans la nuit du 23 au 24 mars la 81e DT et doit aller franchir l'Ailette vers Arblaincourt le 24. Le franchissement est rendu difficile par les inondations provoquées par les allemands.

L'attaque est lancée le 24 mars à 10h30 du matin et le canal rapidement franchi. A midi, le 236 atteint le Bac d'Arblaincourt puis Bichancourt et Marizelle. Dans la nuit des patrouilles du 205e RI sont envoyées à Autreville, Sinceny, Pierremande et Chauny pour se mettre en liaison avec 61e DI. Le 25, le 205 est face à Pierremande, le 236 au Bac d'Arblaincourt, Bichancourt, face à Autreville, Marizelle. Le 319 en arrière à Bourguignon, Rue Millon poursuit vers la lisière est de la Basse Foret de Coucy. Autreville, Pierremande et la cote 102 sont occupés. Nous pénétrons dans Sinceny et la Basse Foret de Coucy. Le 26 après une préparation d'artillerie, le 236 encore prend Amigny, le 205 dépasse l'objectif du Rond-point d'Orléans dans la Basse Foret de Coucy. Dans la nuit du 27 au 28, le 236 est relevé par le 319 qui le 28 mars a deux bataillons en première ligne et un à Quierzy, tandis que le 236 occupe les faubourgs sud de Chauny. Le 319 prend Servais pendant la nuit du 28 au 29. On organise les positions le 29 et pendant la nuit du 29 au 30 mars, la 53e DI est relevée par la 70e. Le 236 passe sur la rive droite et va cantonner à Chauny le 30. Le 319 reste à Quierzy. Le 31, il part à son tour sur Chauny par le pont de Quierzy pour aller prendre Le Moy.

L'Ailette est franchie sur près de 20 kilomètres jusqu'au sud de Coucy vers Courson, la forêt de Coucy reprise ainsi que Servais, mais Deuillet, Barisis et la forêt de Saint-Gobain restent aux allemands. Les alliés sont devant la ligne Hindenburg. Devant Barisis la ligne se trouve à une dizaine de kilomètres à peine à l'est de Quierzy et en amont de l'Oise, plus au nord entre Tergnier et La Fère à une quinzaine de kilomètres. (carte)

Le 264e R.A.C. est à Marizelle, Sinceny, forêt de Coucy en avril-mai 1917, v. l'herbier de Stanislas Boireau.

La 70e DI reste dans le secteur. En mai, le 269e RI va organiser la Basse-Forêt de Coucy. "Le réseau de fil de fer est renforcé en avant de la lisière et poussé jusqu'à l'Oise à travers les marécages d'où les eaux d'inondation se retirent peu à peu .... Après les fatigues d'une poursuite sans trêve, après des semaines vécues dans la fièvre du travail et de l'insomnie parmi des marécages infectés de moustiques, et parmi des ruines dont la vue finit par être un spectacle déprimant, le 269e a besoin de repos" et est relevé.

Cette perte de terrain consentie par l'ennemi est ressentie comme une réelle victoire, mais aussi comme un choc par las Français de l'arrière car outre les marques de la germanisation, ils peuvent voir les désastres de la guerre en France, chose jusque-là impossible en raison d'un front stabilisé et d'un secret militaire respecté. La presse multiplie les reportages photographiques sur " les villages martyrs ", montrant les " témoignages de la destruction systématique pratiquée par les Allemands en retraite ". Aussitôt, un élan de solidarité vient au secours des réfugiés et des déportés. Les personnalités politiques viennent visiter le territoire reconquis.

Autre conséquence du repli de mars, qui laisse une région dévastée d'où aucune offensive ne peut être lancée, le Gal Nivelle est contraint de modifier en toute hâte son plan d'attaque en tenaille du Chemin des Dames : il doit renoncer à son action sur l'Oise et étendre son attaque à l'est de Reims. L'offensive qui démarre le 16 avril est un désastre (Deuxième bataille de l'Aisne).

L'Ailette ne sera totalement franchie qu'après la prise du Fort de la Malmaison sur le Chemin des Dames fin octobre 1917.

L'aide du 1er Corps de Cavalerie à la population, mai 1917 - janvier 1918
La 3e Division de Cavalerie à Quierzy

Début mai 1917, le 33e Corps d’Armée de la IIIe Armée tient le front entre Quincy-Basse et l'Oise devant la ligne Hindenbourg avec la 70e DI dans le secteur nord de Villette, front entre l'Oise et Barisis-aux-Bois et la 77e DI dans le secteur sud de Coucy. Le 33e CA a son QG à Blérancourt et la 70e DI son général à Quierzy. 

A partir du 3 mai, la 3e Division de Cavalerie du général de Boissieu, qui après Noyon, a libéré Chauny en ruine le 19 mars 1917 et devait exploiter le 16 avril la percée avec la 10e Armée sur le Chemin des Dames, forme une division provisoire de cavalerie à pied qui relève pour quinze jours la 70e DI dans le secteur nord de Villette. La 1ère Division de Cavalerie procède de même le 18 mai dans le secteur sud de Coucy tenu par la 77e DI. 

La 3e Division de Cavalerie, stationnée à Compiègne en 1914, appartient au 1er Corps de Cavalerie du Général Féraud, rattaché à la IIIe Armée. Le 1er CC est composé des 1ère et 3e Division de Cavalerie, engagées en mars 1917 au nord de l’Oise dans la poursuite de l'armée allemande lors de son repli. 

L'effectif d'une division de cavalerie sur le pied de guerre est théoriquement en 1914 de 5 250 hommes, ce qui est relativement peu en comparaison des 18 000 hommes d'une division d'infanterie. En mars 1917, le régiment de cavalerie compte 33 officiers pour 678 hommes tandis que « le régiment à pied, dépôt divisionnaire compris, a un effectif de 77 officiers - 3 140 hommes ». L'effectif minmum du 1er CC (3 divisions à 7 régiments de 711 hommes*) serait donc de l'ordre de 15 000 / 20 000 hommes. (* « Projet de réorganisation de la cavalerie, mars 1917 », SHD, 7N404). Les volontaires américaines seront au total 350 entre 1917 et 1924 et sans doute moins de 50 en 1917 ?

Renforcée de la 5e Division de Cavalerie, le 1er Corps relève à partir du 20 mai le 33e CA dans la zone de Blérancourt, PC à Blérancourt. Il tient le front entre Quincy-Basse et l'Oise devant la ligne Hindenbourg et va participer à "l’industrialisation du secteur de l’Aisne". 

La zone de Blérancourt est divisée en trois secteurs : Coucy (1e DC), Folembray (5e DC) et Vilette (3e DC). La 3e Division de Cavalerie du général de Boissieu a son QG à Quierzy et son PC avec le général de brigade commandant l’infanterie PC à Vilette.
    Centre de Résistance Barisis, Points d’Appui Eglise, Station,
    Centre de Résistance Epinois, Points d’Appui Baillon, Ermitage,
    Centre de Résistance Amigny R, Points d’Appui Servais, Cote 92. 

Ordre de bataille de la 3e Division de Cavalerie au 15 avril 1917 : 
    3e (Senlis) et 8e Hussards (Meaux),
    5e (Compiègne) et 21e Dragons (St-Omerpuis à Noyon à partir d'avril 1914),
    15e (Libourne) et 20e Dragons (Limoges),
    9e Cuirassiers à pied (Douai),
    3e groupe cycliste du 18e bataillon de Chasseurs à pied,
    4e groupe à cheval du 42e régiment d’artillerie de campagne,
    Sapeurs cyclistes du 3e régiment du génie.

JMO 3e DC Cote 26 N 483/1 SHD Vincennes

Chaque secteur a trois bataillons en première ligne (deux bataillons de cavaliers démontés et un bataillon de cuirassiers à pied) et deux en réserve (cuirassiers à pied). Il reste dans chaque division une brigade à cheval complète disponible. Les deux autres brigades ont fourni chacune un bataillon démontés. Les bataillons restent vingt jours en ligne et chaque brigade à cheval est reconstituée pendant dix jours. 

En mai 1917, trois brigades de Dragons du 1er Corps de Cavalerie sont envoyés tour à tour à Paris et dans les grands centres industriels, des postes sont établis dans les gares de permissionnaires, dépots de munitions.

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Le 1er Corps de Cavalerie est constitué des 1ère et 3ème divisions de cavalerie puis renforcé avec la 5e division de cavalerie à compter du 23 juillet 1917 :

1ère division de cavalerie - Paris
    Général 
Robillot puis Rascas de Château-Redon (sept. 1917)  
 2e brigade de Cuirassiers - Paris
     1e régiment de Cuirassiers - Paris
     2e régiment de Cuirassiers - Paris
 5e brigade de Dragons - Vincennes
     6e régiments de Dragons - Vincennes
     23e régiments de Dragons - Vincennes
 11e brigade de Dragons - Versailles
     27e régiment de Dragons - Versailles
     32e régiment de Dragons - Versailles
 4e régiment de Cuirassiers à pied (venu
en juillet 1916 de la de la 3e DC, ex 4e brigade de Cuirassiers, intégré à la 1ère division de Cuirassiers à pied en janvier 1918)
 1er groupe cycliste du 26e bataillon de Chasseurs à pied
 4e groupe à cheval du 13e régiment d’artillerie de campagne
 Sapeurs cyclistes du 1er régiment du génie

3e division de cavalerie - Compiègne
    Général 
de Boissieu
3e brigade de cavalerie légère - Meaux
    3e régiment de Hussards - Senlis
    8e régiment de Hussards - Meaux
13e brigade de Dragons - Compiègne
    5e régiment de Dragons - Compiègne
    21ème régiment de Dragons - Noyon
10e brigade de Dragons - Limoges (vient de la 10e division de cavalerie dissoute en juil. 1916)
    15e régiment de Dragons - Libourne
    20ème régiment de Dragons - Limoges
9e régiment de Cuirassiers à pied (ex 4e brigade de Cuirassiers - Douai dissoute en juin 1916, intégré à la 1e division de Cuirassiers à pied en janvier 1918)
3e groupe cycliste du 18e bataillon de Chasseurs à pied
4e groupe à cheval du 42e régiment d’artillerie de campagne
Sapeurs cyclistes du 3e régiment du génie

5e division de cavalerie - Reims
    Général
Allenou puis Brécard (mars 17), Lacombe de la Tour (janv.18)
3e brigade de Dragons - Reims
    16e régiment de Dragons - Reims
    22ème régiment de Dragons - Reims
7e brigade de Dragons - Epernay
    9e régiment de Dragons - Épernay
    29ème régiment de Dragons - Provins
5e brigade de cavalerie légère - Châlons-sur-Marne
    5e régiment de Chasseurs à Cheval - Châlons-sur-Marne
    15e régiment de Chasseurs à Cheval - Châlons-sur-Marne
11e régiment de Cuirassiers à pied (venu de la 7e DC dissoute
en juin 1916, intégré à la 1e division de Cuirassiers à pied en janvier 1918)
5e groupe cycliste du 29e bataillon de Chasseurs à pied
4e groupe à cheval du 61e régiment d’artillerie de campagne
Sapeurs cyclistes du 9e régiment du génie

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Le Corps de Cavalerie en secteur 

L’Historique du 1er Corps de Cavalerie, mars 1917- décembre 1918 (Ch VII Le Corps de Cavalerie en secteur, Industrialisation du front, p.73 et s.) évoque la tâche immense entreprise par les cavaliers de mai 1917 à janvier 1918 dans la zone de Blérancourt, après les destructions opérées par les allemands, non seulement pour en organiser la défense mais aussi la reconstitution économique au profit des populations. L’ampleur de la tâche amène à la création par le corps de cavalerie de véritables organisations industrielles. 

Amélioration des communications 

Le ravitaillement des troupes, leurs déplacements et leur relève exigent tout d’abord la remise en état des communications : routes et ponts plus ou moins détruits par les allemands, et la création d’un réseau ferré à voie étroite entre les vallées de l’Oise et de l’Ailette. De cette époque (hiver 1917-1918) datent les travaux de construction de la voie ferrée d'Appilly à Coucy par Quierzy. 

La voie ferrée d'Appilly à Coucy par Quierzy
(Cartes spéciales des régions dévastées du 1er décembre 1920

Perfectionnement des organisations défensives 

L’organisation défensive du secteur est ensuite perfectionnée : voies de communications à l’abri entre les éléments de défense, abris à l’épreuve en première et deuxième ligne et abris destinés aux réserves, ces derniers avec cuisines, couchettes et éclairage électrique pour la plupart. Le nombre de places sous abris dépasse 20.000 fin 1917. Cette organisation défensive perfectionnée, complétée par différents réseaux téléphoniques, permet de consacrer à la défense du secteur des effectifs réduits en vue du quatrième hiver de campagne. 

Les ateliers mécaniques 

La fourniture du matériel nécessaire aux travaux est assurée par l’organisation d’ateliers mécaniques à grands rendements : chantiers d’abatage dans les bois de la région et scieries avec une scierie centrale à grand rendement près de Blérancourt (deux moteurs à vapeur de 30 CV chacun, éclairage électrique permettant un travail de jour et de nuit de 60 à 70 ouvriers). Cette organisation permet de fournir notamment huit baraques de 25 hommes chacune et une baraque d’officier par semaine. 

Les dynamos de la scierie assurent également l’éclairage électrique de Blérancourt, du QG et services du Corps de Cavalerie, du centre d’instruction, de l’hôpital et le fonctionnement des moteurs d’une cidrerie et des ateliers de réparation de l’artillerie. 

Dès le mois de juillet 1917, les ateliers de réparation de l’artillerie de St-Aubin et Blérancourt réparent les voitures, le matériel et les armes tandis que l’entretien et la réparation des voitures automobiles (environ quatre cent pour le corps) sont assurés par les ateliers du Service Automobile installés près de Blérancourt avec camions-ateliers, forge, atelier de menuiserie. 

Les ravitaillements 

Outre le ravitaillement en vivres apporté de l’arrière vers les centres de ravitaillement, un centre d’abat installé près de Caisne et alimenté par le bétail logé dans une vaste ferme au milieu des pâturages, fournit au corps de la viande fraîche avec utilisation complète des issues : fabrique de saucisson, récupération du sang, salage des peaux, … 

Le vétérinaire qui examine le bétail réserve les vaches pleines et les bœufs de travail pour les mettre à la disposition des agriculteurs pour les aider à reconstituer leur troupeau. Une centaine de bête sont ainsi livrés durant l’année 1917. 

Les travaux agricoles 

Le secteur de Blérancourt, qui appartient à une région agricole particulièrement riche, offre en mai 1917 malgré les dévastations systématiques de l’ennemi, des ressources importantes en fourrages et en céréales. Le Corps de Cavalerie entreprend immédiatement l’exploitation des ressources existantes et la mise en culture des terres abandonnées pour l’année suivante avec de l’outillage emprunté aux ressources locales ou fourni par l’atelier de réparation de Blérancourt. 

Dès la fin août 1917, les récoltes donnent les meilleurs résultats. Le foin, la paille et l’avoine sont employés à l’alimentation des chevaux, les autres céréales sont envoyés vers l’arrière. Des bons de réquisition sont établis pour garantir les droits des habitants. 

La mise en culture des terres est ensuite entreprise et dès la fin août 1917, 700 hectares de terre sont fumés et labourés et 500 passés à l’expirateur. 

Une centaine de charrue est entretenue en travail mais ce nombre est insuffisant pour l’étendue des terres à labourer et avec l’appui du Comité Américain qui s’installe à Blérancourt en juin 1917, vingt tracteurs sont mis à la disposition du Corps de Cavalerie et grâce à ces moyens, dès la fin décembre, près de 2.500 hectares sont labourés et ensemencés. 






 




11 juillet 1917, le commandant en chef des armées françaises passe en revue les troupes du 1er corps de cavalerie à Blérancourt, 
accompagné par le général Humbert commandant la 3e armée.
Photo Édouard Brissy - © SCPA - Reportage Cérémonies du 14 juillet 1917 dans les territoires libérés https://imagesdefense.gouv.fr

Les allemands ayant détruit systématiquement au moment de leur départ le matériel existant, la récupération du matériel détérioré est organisée et un atelier de réparation est constitué à Blérancourt employant environ vingt-cinq ouvriers. A la mi-novembre, 1.162 machines diverses ont livrées (faucheuses, moissonneuses-lieuses, charrues, semoirs, chariots ou tombereaux). L’atelier assure également l’entretien et du matériel en service et celui des habitants. 

Une cidrerie est également organisée à Blérancourt, la région étant particulièrement riche en pommiers. Les pommes récoltées sont acheminées par camions jusqu’à la cidrerie, qui produit en moyenne 80 à 100 hectolitres de cidre par vingt-quatre heures. Le cidre est distribué aux troupes et le malt utilisé pour l’alimentation des chevaux. 

La reconstitution du pays dévasté 

Le Corps de Cavalerie participe également à la remise en état des maisons encore habitables et à la construction de baraquements en bois. Fin août 1917, 442 maisons sont réparées, 100 baraques construites et 20.000 places de chevaux aménagées. 35.000 mètres carrés de jardin sont également remis en état. 

Ces travaux permettent le retour des habitants, qui partout où ils se présentent reçoivent l’aide la plus complète afin de « ramener la vie dans ce pays dévasté ». Dès juin 1917, 500 habitants sont réinstallés chez eux. 

Enfin, les grandes fermes (Coquerelle, Latour, Forest) sont remises en état et leur propriétaires invités à les réoccuper pour en prendre la direction. 

Du bétail, de la volaille, du grain, des effets de toutes sortes provenant de dons ou fournis par le Comité Américain sont distribués. 

Outre l'aide donnée à la population, les premières associations agricoles sont encouragées dans chaque commune pour représenter les intérêts communs des présents et des absents. Un officier de l'état-major du Corps de Cavalerie est spécialement chargé de suivre cette question et en décembre 1917, sept ou huit associations sont constituées ou en cours de constitution.

Par ailleurs, un camp d’instruction de la cavalerie est établi à Blérancourt, PC du 1er Corps de Cavalerie, relevé le 5 février 1918 par la 161e DI, VIe Armée.

Historique du 1er corps de cavalerie (mars 1917- décembre 1918) 


Des Américaines à Quierzy

Malgré la proximité du front, en juin 1917, tandis que les États-Unis sont entrés en guerre en avril, un groupe d'américaines de la Section Civile du Comité Américain pour les Blessés Français, qui deviendra en 1918 le Comité Américain pour les Régions Dévastées (C.A.R.D.) s'installe à Blérancourt autour d'Anne Morgan pour secourir les populations des villages dévastés. La remise en état des habitations et des terres cultivables s'organise.

En mars 1918, après 10 mois de travaux de reconstruction, le personnel du CARD doit se préparer à évacuer Blérancourt pour Vic-sur-Aisne.

Des Américaines à Quierzy 1917-1924 >>>

Le 39e RI (130e DI, IIIe Armée Humbert) opère en forêt de Coucy, Sinceny en oct.-nov. 1917, date de la dissolution de la Division. La 130e DI est arrivée le 19 septembre 1917 dans le secteur du 1er CC (QG à Blérancourt) qui tient le secteur de la Basse Forêt de Coucy et du  sud de l'Oise. Le 39e RI relève le 137e RI (21e DI) dans le secteur de Vilette le 20 sept. Le 24, le 39e RI monte en ligne (centre de l'Epinois) l'EM du Régiment est à Quierzy. Le 27, le soldat Pinard du 39e RI reçoit la médaille militaire anglaise des mains du Prince Albert de Connaught à Noyon. Le 28, le Président de la République et le Roi d'Italie sont à Noyon. Les honneurs sont  rendus par la Division. Le 11 octobre, le Président de la République du Portugal de passage à Compiègne, la Division rend les honneurs. 

...

Le 10 janvier 1918, le front de l'Armée anglaise est étendue jusqu'à Barisis. La IIIe Armée française est relevée par les britanniques et le 18, elle passe le commandement des secteurs d'Ugny-le-Gay et Blérancourt à la VIe Armée française (5e, 35e, 11e CA).

***

Détail des unités >>>



 

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Le 6e Cuirassiers 1914-1918

La 3e Division US 1914-1918

Sources :

Les armées françaises pendant la Grande Guerre, Service Historique de la Défense

J.M.O. des unités citées :
26e DI : 26 N 313/4
53e DI : 26 N 366/3
61e DI : 26 N 380/4
3e DC : 26 N 483/1
Groupe d'Escadrons Divisionnaires 70e DI : 26 N 395/14
81e RIT : 26 N 409/1
106e brigade 53e DI : 26 N 525/6, ...
La plupart des JMO sont désormais en ligne sur Mémoire des hommes

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