La Grande Guerre La troisième bataille de l'Aisne - 1918 L'invasion allemande | La première libération | Les combats de 1918 | Ailette 1918, Mangin attaque | Les tranchées à Quierzy | La reconstruction I - Les dernières attaques allemandes
Le 21 mars 1918, forts de la capitulation russe, les allemands profitent de leur supériorité numérique et d'un épais brouillard et lancent au nord de l'Oise, une violente offensive en direction de Montdidier, dans le secteur britannique (Bataille de l'Empereur). Le front, sommairement organisé du fait des destructions de 1917, cède rapidement. Il est tenu devant Quierzy, entre La Fère et Barisis, sur le deux rives de l'Oise, depuis peu par la 58e Division Britannique (3e Corps, Ve Armée Brit. Gal Gough), dont l'Etat-Major est à Quierzy, et au sud de Barisis par la 161e DI française (VIe Armée, Gal Duchêne). Rapidement, des renforts sont envoyés. Alertée dans la nuit, la 125e Division (5° Corps), transportée par camions, débarque tôt le matin du 22 vers Quierzy dans le secteur de la 58e DIW pour aller assurer la liaison entre les Anglais et l'Armée Degoutte (21e CA, VIe Arméee). Arrivé à Quierzy, l'Etat-Major de la 125e Division envoie le 76e RI sur Chauny, le 131e RI vers Sinceny et le 113e RI sur Marest-Dampcourt prêt à intervenir au nord et au sud de l'Oise. Dans l'après-midi les allemands obligent les anglais à abandonner Tergnier. Les journaux des différentes unités de la 125e Division font mention de Quierzy à cette date. Le 23 à l'aube, toujours dans un épais brouillard, la 125e Division contre-attaque avec les anglais, sans succès. Les allemands poursuivent leur progression sur la rive nord de l'Oise. Dans la soirée, la 55e DI arrive au sud de l'Oise pour aller soutenir la 125e au nord. Le 204e RI vient occuper le secteur Quierzy-Abbécourt. Après quatre jours de combats acharnés, Chauny, évacué le 21, tombe le 24, Noyon le 25 au soir. Les unités de la VIe Armée française venues en renfort couverts par les anglais se replient derrière l'Oise; la 55e Division d'Infanterie française repasse l'Oise le 25 aux ponts de Quierzy et de Brétigny entre la 1e Division de Cuirassiers à pied au sud et la 125e Division d'Infanterie au nord qui traverse à Manicamp puis Quierzy. L'Etat-Major de la Division s'est replié à Varesnes puis Cuts. L'ennemi tient la rive droite de l'Oise de Noyon à Tergnier mais autour de Montdidier le 27 le front allié se reconstitue enfin ; Amiens est sauvé. (carte) Les éléments à pied du 27e Dragons (1e DC) défendent les passages de l’Oise entre Noyon et Chauny au sud du canal de l’Oise jusqu'au 5 avril. Mars
1918 - L’ennemi progresse vers
l’Oise et approche de Chauny. Le 24 mars,
l’escadron reçoit l’ordre de se porter
dans le bois au sud-est de Petit-Dompcourt. Il y est soumis,
à 18h30, à un violent bombardement. A 21h30
l’escadron reçoit l’ordre de se porter
à Quierzy. Le 2? mars, l’escadron bat en retraite
sur Cuts. La 125e DI, qui a supporté pendant 3 jours le choc de l'ennemi, a de lourdes pertes. Renforcée par la 55e DI, elle s'organise défensivement au sud de l'Oise entre Pontoise (5e CA et un détachement de la VIe Armée) et Manicamp (58e DW) ; des tranchées sont creusées le long de la rive (PC de la 125e DI à la Ferme de Monjay). Les ponts sont détruits le 26. Toutes les unités de la 125e division opèrent à Quierzy en mars 1918. Le 76e a plusieurs tués à Manicamp le 25 mars. Memorial GenWeb. La 55e DI relève la 125e sur le front de l'Oise dans l'après-midi du 28 mars. Au 31 mars, le 289e RI tient Brétigny, le 204e Quierzy et le 246e Manicamp. Le front s'agite. Les allemands tentent de franchir l'Oise, dont le niveau monte, vers Chauny. Ils sont rejetés. Le 1er avril, le 476. IR allemand (241. ID) tente une reconnaissance sur Amigny-Rouy. Dans la nuit du 1er au 2 avril, la 161e DI prend en charge secteur de la 58e DIW jusqu'à l'est de Manicamp. 2e Acte - Attaque vers l'Ailette Le 6 avril, après un violent bombardement entre Bichancourt et le Crotoir (secteur de la Basse Ailette) et sur la 55e DI, les allemands attaquent sur le front de l'Ailette (161e DI). Amigny-Rouy, Sinceny sont repris. Au soir, le 14e CC et la 13e Cie du 363e RI se sont retirés vers Manicamp en faisant sauter les ponts du canal, puis Bichancourt tombe. La 19e DI est à Quierzy en 2e ligne dans le secteur de la 161e DI. Le 8 au soir, la 161e et à sa droite la 151e DI se replient sur la position préparée au sud de l'Ailette et du canal avec pour mission d'"Epêcher l'ennemi de passer l'Ailette ou l'Oise." La progression allemande y est arrêtée.
Le 246e (Paris - 55e DI) subit d'importantes pertes
à Manicamp entre le 6 et le 11 avril. Les Archives Départementales de la Vendée possèdent le Carnet d'un officier du 204e RI (55e DI) qui combat plusieurs semaines à Quierzy. On y trouve récits, photos et cartes.
N'ayant pu aboutir au nord, les allemands préparent alors une ultime attaque sur la rive gauche de l'Oise, où la VIIe Armée (von Boehm) fait face à la VIe Armée (Duchêne). L'attaque principale est déclenchée dans le secteur du Chemin des Dames le 26 mai avec pour objectif principal Château-Thierry. Le 27 les allemands franchissent le Chemin des Dames, le 28 ils atteignent Fismes, le 29 Fère-en-Tardenois et Soissons. "Du fait de la situation", les deux DI de gauche du 30e Corps de la VIe armée, 55e et 19e DI en position autour de Quierzy, doivent reporter le gros de leurs troupes sur la position intermédiaire Cuts, Blérancourt, St-Aubin, Selens tout en maintenant une surveillance à l'Oise et au canal. Le 204e RI (55e DI), toujours en ligne à Quierzy face à l'Oise, commence son repli sur Camelin le 29 à minuit. Le 30 mai, après un violent bombardement de Manicamp à Quierzy à midi, l'ennemi passe l'Oise et entame le combat avec les éléments de couverture, qui reçoivent des obus toxiques. A 13h30, les allemands sont à Manicamp. Les derniers défenseurs de Quierzy (Cie Harang du 204e) se replient à 15h25. Une heure plus tard, les allemands sont signalés dans le Bois de Brétigny. Le mouvement de repli du 204 est achevé en début de soirée. Le Régiment se porte sur la ferme Thiolet (anciennes positions) par Bourguignon, Camelin, Le Fresne, Nampcel. Il est attaqué à Camelin. En fin de journée, la 55e DI, en liaison avec 38e DI au Mont de Choisy par Belloy et la Cote 153, rejoint les positions d'avant 1917 sur lesquelles les allemands attaquent jusqu'au début juin. (carte) Ruines de Tracy-le-Val qui resta aux mains des Français jusqu'à la fin de la guerre A droite, parvenus une nouvelle fois jusqu'à la Marne vers Château-Thierry, les allemands semblent s'essouffler de ce côté. Le 9 juin, ils reprennent l'offensive entre Montdidier et Noyon en direction de Compiègne où les progrès sont importants vers le Matz, le Mont-Renaud est repris. Sur rive gauche de l'Oise, le nouveau front s'établit sur la ligne Ribécourt,Tract-le-Val, Moulin-sous-Touvent ... Le 11 juin, tandis que les allemands mettent tout en oeuvre pour déboucher de Ribécourt et obtenir un succès décisif sur la route de Paris, sous un soleil de feu, en pleine bataille, une furieuse charge de chars d'assaut, d'avions, de fantassins déferle subitement sans préparation d'artillerie. C'est Mangin (Xe Armée) qui contre attaque. Le mouvement est poursuivi le lendemain alors que von Boehm attaque au sud de l'Aisne, en direction de Villers-Cotterets. Le 13 juin, la bataille s'éteint à l'est comme au nord. L'offensive allemande sur Compiègne est définitivement enrayée. La bataille a fait reculer le front français de 50 kilomètres sur une étendue de 80, deux poches allemandes englobant le massif de Compiègne menacent Paris mais la précieuse tête de pont de la forêt de Laigue demeure aux Français et en dépit des énormes sacrifices consentis, de part et d'autre, l'attaque ennemie n'a rien terminé ce qui constitue un échec pour les allemands qui tentent encore un mois plus tard une nouvelle offensive "pour la paix " (Friedensturm) en Champagne le 15 juillet. C'est un nouvel échec. *** II - L'offensive alliée
1 - La bataille de l'Ailette (20 - 22 août 1918) Menacé au nord de l'Oise (Chaulnes-Roye-Noyon), Ludendorff, adjoint de Hindenburg qui est le chef d'État-major allemand, pense la situation plus calme au Sud, entre l’Oise vers Ribécourt et l’Aisne vers Fontenoy. Il croit pouvoir reculer en bon ordre. Mais, devant l’armée Von Eben qui tient les plateaux entre Oise et Aisne, le général Mangin (Xe Armée) se prépare à l'attaque. Le 15 août, constatant qu’entre Audignicourt et Morsain, l’ennemi s’échelonne en profondeur, il décide d’en profiter et le 17 août, à 5 heures du matin il attaque et s’empare d’une position autour d’Autrèches (7e et 30e CA). Sur sa lancée, le lendemain à 6 heures du soir il donne l’assaut sur 10 km de front et progresse de 2 km faisant 2 000 prisonniers tout en perdant 60 tués et 300 blessés, s'étant ainsi rapproché de la première ligne de von Eben. Le 19 août au soir, Mangin tient une ligne Bailly - Tracy-le-Val, l’ouest de Nampcel, Audignicourt, Vassens, Morsain, Nouvron, Vingré et Fontenoy. Il sait la portée de l’opération qu’il va tenter et ne néglige rien dans la préparation. La soirée et toute la nuit, l'artillerie lance une pluie d’obus de tous calibres sur les zones défensives ennemies. Le 20 août, par un temps couvert, à 7 heure 10, l'infanterie bondit. Avant 9 heures, les premiers résultats sont excellents. A droite, au nord-ouest de Soissons, Tartiers est déjà pris ; au centre les fantassins accèdent au plateau d’Audignicourt et prennent Lombray et Blérancourdelle tandis qu’à gauche, malgré une résistance acharnée, l’ennemi recule vers Ourscamps. Au cours de ces manœuvres 8.000 prisonniers sont faits. Alors que le temps s’éclaircit, les avions français couvrent le ciel où aucun appareil ennemi n'est observé. Le terrain est constitué de nombreuses creutes et nids de mitrailleuses. Nampcel, Carlepont, Caisnes sont repris. Le soir, près de Cuts, le Mont de Choisy qui domine la route de Noyon est enlevé (330e RI de la 132e DI qui avance entre la 15e DI à gauche et la 2e DM à droite). Après une nuit calme, le combat reprend à l’aube du 21 août avec l'appui des chars. Cuts est pris, perdu et repris. Blérancourt est enlevé à l’issue d’un dur combat. Sur la route de Noyon entre Sampigny et Pontoise, un raid atteint l’Oise et fait tomber les bois de Carlepont et d’Ourscamps en menaçant à revers et de l’autre côté de l’Oise, le reste du massif de Lassigny qu’Humbert (IIIe Armée) va occuper en bordant la Divette. La manœuvre a été habile et fructueuse. Inlassable, Mangin poursuit sa route.
Le matin du 22 août, d’un même élan, nos troupes bousculent la 1e Division Bavaroise accourue à la rescousse et dans l’après midi bordent l’Oise jusqu’à Quierzy. Sur la droite, vers midi, elles occupent la croupe à l’Est de Pommiers, au Nord atteignent Bayeux et plus loin contournent Pont-Saint-Mard. Ainsi, depuis trois jours, au lieu de faire face au Nord, pivotant sur l’Aisne, le front de l’armée dessine une conversion face à l’Est. Le 23 au soir, après avoir pris Quierzy et Manicamp, l'Armée de Mangin borde le canal de l’Ailette jusqu'à Guny et prend la station de Juvigny et le plateau entre Cuffies et Pasly.
Le massif est puissamment défendu par les redoutables positions fortifiées de la ligne Hindenburg utilisées lors du repli allemand de 1917. 2 - L’offensive sur la ligne Hindenburg (22 août - 26 sept 1918) Foch demande à ses généraux de continuer la bataille en l'élargissant partout : "Poursuivez vos opérations sans laisser de répit à l'ennemi et en étendant la largeur de vos actions. C'est cette étendue croissante d'une offensive nourrie par derrière et fortement poussée en avant, sans objectif limité, sans préoccupation d'alignement et d'une liaison trop étroite qui nous donnera les plus grands résultats avec les moindres pertes..." Photo aérienne de Quierzy quelques jours après sa libération Sur le front de l'Oise Tandis que Mangin s'apprête à rompre la redoutable ligne fortifiéee entre l'Aisne et Saint-Gobain, à sa gauche, sur l'autre rive de l'Oise la 37e DI (IIIe Armée Humbert), en dépit d'une résistance tenace, conquiert Noyon le 30 août, et poursuit les jours suivants le long de la rivière en direction de La Fère.
Le 4 septembre, le 3e Zouaves (37e DI, 15e CA, IIIe Armée Humbert) progresse sur l'autre rive de l'Oise. Il dépasse Salency, Baboeuf, Apilly, Dampcourt en fin de journée. Mondescourt est enlevé après une lutte très vive. La 15e DI doit aller déborder par l'est les résistances ennemies ; le 134 doit pousser des reconnaissances sur Marest-Dampcourt par Apilly. Le 2e Bataillon va traverser l'Oise vers Brétigny. Malgré une vive résistance, il capture un prisonnier et deux mitraileuses lourdes. La ligne la Bretelle Marest-Dampcourt sur la route de Noyon à Chauny est atteinte. L'avance du 3e Zouaves ralentie cependant le 5 devant Abbécourt où le régiment subit un bombardement d'une intensité rare. Le 6, Ognes, Chauny, Viry-Noureuil tombent entre les mains des Zouaves qui talonnent inlassablement l'ennemi. Tergnier est libéré le 7 mais le mouvement s'arrête sur le canal Crozat en liaison à droite par Condren avec la 15e DI stopée sur Aumigny-Rouy. Le 6, le 134 a quitté quierzy pour aller appuyer le mouvement du 56e RI (15e DI) vers Chauny par Marizelle, Sinceny. Sur le front de l'Ailette Le 29 août à 5h25, après une préparation d'artillerie de 3/4 d'heure, l'attaque sur l'Ailette est déclenchée sur le front de la 132e DI. L'établissement des passerelles sous le feu des mitrailleuses ennemies gène considérablement le franchissement du canal. Les Bataillons de tête ne peuvent s'établir que vers 7 h sur la rive est. A droite, le 330e RI s'empare du Bois Daast et des premières maisons de Vilette en liaison avec la 48e DI à droite. Le 366 franchit le ru de l'Aulnois et s'établit dans le Bois des Tartelettes. Mais la ferme d'Arblaincourt ne peut être dépassée. Dans la soirée, le pont sur le canal est rétabli pour le passage des voitures. Durant la nuit, le 366 occupe le Bac d'Arblincourt malgré un bombardement par obus explosifs et toxiques. Le 31 à 16h, l'attaque reprend sur Pierremande et la Basse Forêt de Coucy. A 20h les abords sud de Praast sont atteints. 35 passerelles et deux ponts pour artillerie et voitures ont été construit malgré les tirs continuels de l'artillerie ennemie. Un troisième a été détruit. Les poisitions sont mitraillées par des avions ennemis volant bas. L'attaque doit se poursuivre le 2 septembre mais les sorties d'infanterie repérées par avion sont immédiatement violemment bombardées causant de lourdes pertes. Le Cdt Morel est tué. (v.sa fiche) Le 5 septembre à l'aube, la progression reprend derrière les allemands qui se replient. Un détachement occupe Bichancourt à 10h30, des patrouilles avancent vers Pierremande. A droite, la 11e DI occupe Praast. A 13h, le 330 est sur la route de Coucy à Chauny, le 166 a des patrouilles dans Pierrremande, le 366 occupe Bichancourt où il est en liaison avec le 56e RI et vers Autreville. Le 6 au matin, à la reprise du mouvement, la résistance ennemie s'affirme et interdit la progression vers Barisis, Amigny-Rouy. La progession est soppée au delà du Rond-Point d'Orléans, devant la ligne Hindenbourg. Dans la nuit, le 330 est relevé par le 298e RI (132e DI). Au 13 septembre le 166e RI (132e DI) a son Etat-Major à Quierzy. Au 15 septembre, la Ie Armée relève la IIIe au nord de l'Oise. Débordés en direction de La Fère, attaqués de toutes parts en même temps, les arrière-gardes ennemies n'ont pu s'accrocher sur les cours d'eau et reculent partout sur les positions Hindenburg. Il reste encore à s'emparer de la Forêt de Saint-Gobain que les allemands tiennent toujours, à une douzaine de km à l'est de Quierzy. 3 - La prise de la Forêt de Saint-Gobain et la Bataille de Laon (26 sept 1918 - 13 octobre 1918)
Le 26 septembre les infanteries française et américaine se lancent à l'assaut Champagne et en Argonne. Les Allemands, qui ont perdu l'initiative des opérations et avec elle toute confiance dans leur succès, sentent le grave danger que courent leurs divisions engagées sur l'ouest du Chemin des Dames. Le 28 septembre, Ludendorff essaye de clouer Mangin sur ses positions par une violente préparation d'artillerie exécutée avec des obus toxiques tandis que von Boëhm commence à se retirer derrière le canal de l'Oise à l'Aisne. Mangin fonce immédiatement, il talonne et bouscule les arrière-gardes allemandes s'empare du fort de la Malmaison, à l'extrémité ouest du Chemin des Dames. Dans les jours qui suivent, les Allemands sont contraints de quitter définitivement la vallée de l'Ailette, au nord du Chemin des Dames, qui menace directement par le sud la Forêt de Saint-Gobain et ses fortifications réputées imprenables. Le 1er octobre, les allemands quittent Saint-Quentin. Ils sont ébranlés mais pas encore battus, ils tiennent toujours la Forêt de Saint-Gobain. La lutte continue donc, acharnée, partout ; Foch n'hésite pas à mettre en ligne toutes les réserves disponibles en hommes et en matériel afin de multiplier les offensives et éparpiller les dernières réserves de l'ennemi. Le 8 octobre, les alliés précédées de tanks, attaquent au nord de part et d'autre de Saint-Quentin. Les nouvelles lignes ennemies construites en hâte cèdent. La poursuite s'engage les jours suivants. La résistance allemande commence à faiblir par endroit, l'artillerie elle-même réagit faiblement. Dans les localités abandonnées en toute hâte, on trouve de nombreux civils que l'ennemi n'a pas eu le temps d'évacuer. Mais la nuit s'illuminent de sinistres lueurs ; de nombreuses localités brûlent. Le 9, Mangin lance sa Xe Armée par le sud contre le saillant de Laon afin d'accrocher l'ennemi sur son front et de le fixer pour l'obliger à maintenir là ses réserves, tandis que Berthelot (Ve Armée) enfoncera sa droite. Le 10 octobre, les renseignements pris en avant du front de la 67e DI (Ie Armée Debeney), arrivée le 11 septembre entre l'Oise et Barisis (58e DI, I Armée Debeney à gauche et 33e DI, Xe Armée Mangin à droite), confirment les préparatifs d'un repli des allemands qui abandonnent le massif de Saint-Gobain sous la pression des armée Debeney et Mangin. Le 288e Régiment d'Infanterie prend immédiatement Servais. Le 11, la pluie qui 'a cessé de tomber toute la nuit retarde la poursuite de l'action. A 17h l'attaque est lancée. Le saillant Raspoutine ypérité par notre artillerie doit être évité. L'action est gênée par un brouillard très dense qui oblige à attendre le lendemain pour progresser. Les pionniers en profitent pour mettre en état la route Sinceny - Amigny-Rouy - Servais. A droite, l'Armée Mangin progresse prenant à revers le Chemin des Dames et la vallée de l'Aisne. Le 12, l'attaque reprend, le 288 doit traverser la position Hidenbourg, dont l'arrière est marqué par la ligne Saint-Gobain - Ferme Tranoy, déborder la Forêt de Saint-Gobain pour aller franchir la Serre dans la région de Pont-à-Bucy. Deuillet est pris à revers avec ses positions bétonnées, qui ont été piégées, puis Berthaucourt. En une demi-journée la ligne Hindenburg, "dont on nous avait fait un épouvantail", a été prise. Sur l'autre rive, Debeney (Ie Armée) avance vers la Fère encore occupé et son évacuation est probable. Le Régiment interdit le passage du pont Notre-Dame seule direction encore possible pour les allemands. "La soirée de cette triomphale journée s'achève sous la pluie qui tombe à torrents". A droite l'Armée Mangin fonçant sur les arrière-gardes de Hutier, les bouscule à travers Chavignon et Anizy-le-Château, leur enlevant d'un bloc presque tout le massif de Saint-Gobain. Le soir, son front passe à 4 kilomètres de Laon. Le gain de cette journée dépasse 15 kilomètres en profondeur, sur un front de 20 kilomètres, et notre cavalerie ne retrouve qu'au soir le contact des arrière-gardes de l'ennemi dont les pertes sont élevées. Un soldat du 288e RI (67e DI) de la classe 1918 est déclarés tué à Quierzy le 12 octobre 1918 v. la fiche. Le 288e poursuit le lendemain sur la Serre et les approches de la Hunding Stellung. La ligne Hindenbourg disloquée et débordée, Ludendorff a perdu la bataille pour Laon et La Fère libérés le 13 octobre. Mangin pénètre dans Laon à 10 heures du matin et y trouve 6.500 habitants. En quittant la ville, les Allemands, suivant la coutume qui leur est chère ont emmené comme otages le maire et 300 notables. En se repliant les allemands annoncent encore un grand succès "stratégique", mais personne ne s'y trompe plus. Les pertes allemandes sont lourdes. Partout, les effectifs sont terriblement réduits. A première vue, l'armée a perdu plus de 300.000 prisonniers, le tiers de son artillerie, près de 300 bataillons ont dû être dissous et la classe 1920 désormais en ligne, ne suffit pas à combler les vides. La ligne de feu n'est plus alimentée que par des réservistes âgés ou par des conscrits trop jeunes. Ludendorff tente encore de profiter de la protection précaire qu'offrent les lignes de l'Oise et de l'Aisne pour replier ses Armées et préparer les démarches en vue de l'armistice ... Le front s'éloigne définitivement de Quierzy. A cette date (13 octobre), le 123e RI (35e DI) est à Bichancourt, Manicamp, Marizelle et Quierzy tandis que l'ennemi tient la ligne Queue-de-Monceau- Bellevue (nord-est de Versigny). Le 123e se porte le lendemain dans la zone Deuillet-Servais. Au nord, Guise est atteint le 30 octobre, Hirson le 9 novembre, mais les tous premiers évacués ne commenceront à regagner leurs foyers dévastés que bien après l'Armistice. (carte)
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Les armées françaises pendant la Grande Guerre, Service historique de l’Armée J.M.O.
des unités citées, 3e DC Cote 26 N 483/1, Groupe
d'Escadrons Divisionnaires 70e DI Cote 26 N 395/14, 81e RIT cote 26 N
409/1, 106e brigade 53e DI cote 26 N 525/6), ... |
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