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La "drôle de guerre" Jeudi 24 août 1939, en plein été, les réservistes sont à nouveau rappelés du fait de la situation en Pologne. Mais cette fois aucune négociation n'aboutit. Une semaine plus tard, les affiches décrétant la mobilisation générale pour le samedi 2 septembre 1939 sont placardées.
La 2e région, chef-lieu Amiens, a été modifiée par décret du 14 avril 1939 (JO du 21 avril 1939) après la création d'une région militaire supplémentaire à Reims (décret du 20 mars 1939, JO du 21 mars 1939), elle comprend désormais les départements de l'Aisne, de l'Oise, de la Somme et dans le département des Ardennes, l'arrondissement de Rethel et l'arrondissement de Mézières moins les cantons de Carignan, Mouzon, Raucourt-et-Flaba et Sedan. Auparavant, la 2e région, comprenait les départements de l'Aisne, de l'Oise, de la Somme, des Ardennes et dans le département de la Meuse, les cantons de Stenay et Montmédy de l'arrondissement de Verdun (décret du 4 mai 1934, JO du 8 mai 1934, p 4583 et s.). Les Problèmes de l'Armée de Terre Française, 1935-1939, LCL Henry Dutailly, Service Historique de l'Armée de Terre, 1980 La 2e Région
Militaire a
ainsi sous sa responsabilité jusqu'à la
déclaration de guerre la défense de la
frontière franco-belge sur environ
130 kilomètres de
Trélon, Nord à
Vélosnes, Meuse.
Cette partie des défenses
aux
frontières faisant
face aux Ardennes à l'est correspond
après la déclaration de guerre
: Protégé au nord par les places fortes belges, à l'est par la vallée de la Meuse et le massif des Ardennes, obstacles jugées alors infranchissables, ce secteur est considéré comme secondaire et ne fait l'objet d'aucune attention particulière de l'état-major français. Il est confié en 1937 au général Corap (ce n'est pas vraiment une promotion pour l'intéressé, rappelé du Maroc). Après le retour à la neutralité de la Belgique en 1936, l'édification de quelques fortifications de campagne y a certes été entreprise, mais l'idée principale du haut commandement reste, en cas d'agression allemande par la Belgique, de porter les défenses alliées en territoire belge, sur la coupure de la Dyle notamment, position jugée plus favorable à un combat défensif que la frontière, où les combats furent sanglants en 1914 ... Les principales unités stationnées en temps de paix dans la région sont le 51e Régiment d'Infanterie (Amiens, Beauvais), le 67e Régiment d'Infanterie (Compiègne, Soissons), le 91e Régiment d'Infanterie (Mézières), le 1er Régiment d'Artillerie (Laon), le 301e puis 42e Régiment d'Artillerie Portée (La Fère), le 4e Régiment de Spahis Marocains (Senlis), le 6e Régiment de Spahis Algériens (Compiègne), le 22e Escadron puis 3e Escadron du 3e Groupe puis 6e Groupe d'Auto-Mitrailleuses de Cavalerie (Compiègne), la 2e Compagnie Mixte du Train des Équipages (Amiens, Camp de Sissonne) et le 1er Régiment d'Aérostation (Compiègne)., ... Au sein de la 2e RM, ces unités d'active constituent en temps de paix : - la 3e Division d'Infanterie Motorisée, Amiens, Général Bertin - Boussus (51e, 67e, 91e RI, 42e RA, 6e Groupe d'Auto-Mitrailleuses de Compiègne, ...), qui s'illustrera notamment à Stonne (Ardennes) du 15 au 25 mai 1940. - la 1e Brigade de Spahis, Compiègne, Colonel Jouffrault (4e RSM et 6e RSA), qui effectue en temps de paix de superbes escortes officielles et fantasias dans toute la France, s'illustrera notamment à Annonay (Ardèche) du 21 au 23 juin 1940. - le 3e Groupement de Cavalerie, Amiens (7e Régiment de Chasseurs à Cheval, Evreux, 6e Groupe d’Auto-Mitrailleuses, Compiègne et 7e Groupe d’Auto-Mitrailleuses, Saint-Omer. Le 6e GAM, bien connu pour ses exploits sportifs, devient le 6e GRDI (AMD Panhard 178 et AMR P 16) rattaché à la 3e DIM. A la mobilisation, les réservistes complètent les unités d'active et forment des unités de réserve (4e DI, ...)
Alors que les hommes rejoignent leur unité, on apprend que les troupes allemandes sont entrées en Pologne. Dimanche 3 septembre, la guerre est déclarée.
L'activité militaire est intense dans le département. Une fois sur le pied de guerre, presque toute l'Armée Française va prendre rapidement position le long des frontières nord et nord-est. Le Secteur Défensif des Ardennes est alors pris en charge par le Détachement d'Armée des Ardennes (même pas une armée), mis sur pied par la 2e Région Militaire et sous le commandement du général Corap. Au 2 septembre au soir, le dispositif du DAA est le suivant : - 4e
DI en position sur la frontière au nord-est du
département à cheval sur sur l'axe naturel vers
Paris que forme la vallée de l'Oise, La 3e DIM est par la suite relevée par la 7e DI qui prend en charge la rive gauche de l'Oise et la 4e DI la rive droite. A la gauche du Détachement d'Armée des Ardennes, la 1e Armée Blanchard, qui tient la frontière belge jusqu'à la mer, a sa 2e DIM avec un Corps de Cavalerie dans la région de St-Quentin, au nord-ouest du département. Par la suite, le PC de la 1e Armée s'installera à Bohain (Aisne), à 20 km au nord-est de St-Quentin. Le Général Billotte s'installe à Folembray L'Etat-Major du Général Billotte commandant le 1er Groupe d'Armées (1e, 9e et 2e armées) établi de Montmédy dans la Meuse à la mer du Nord, s'installe à la verrerie de Folembray, à une quinzaine de kilomètres de Quierzy. Fin septembre le PC de la Zone d'Opérations Aériennes Nord s'installe à Chauny.
Insigne de la 15e Division d'Infanterie Motorisée en 1939 Le Général Juin (15e DIM) vient à Quierzy A l'automne, la 15e Division d'Infanterie Motorisée (Dijon), une des meilleures divisions de l'armée française, commandée par le Général Juin (futur Maréchal), dont le PC est à Chauny, vient cantonner dans la région. La 15e DIM fait partie de la 1e Armée. Quierzy accueille des Sapeurs-Mineurs du Génie (10e Génie ?). Le Général Juin vient à Quierzy assister à la première messe de l'abbé Dorier, ordonné prêtre depuis peu. Même si la Pologne a été écrasée en quelques semaines, chacun espère encore ; Hitler n'attaquera pas la France, il ne va pas supporter longtemps les sanctions économiques prises à son encontre, les Allemands ne vont pas le laisser faire ce qu’il veut et vont rapidement l’éliminer ... et puis il y a la Ligne Maginot et qui pourrait douter de la préparation de notre Armée à la vue de ses unités modernes dont l'équipement s'améliore chaque jour. Chaque semaine des manoeuvres sont organisées. Quelques permissions agricoles sont accordées et l'hiver passe ainsi.
En janvier 1940, le Détachement d'Armée des Ardennes devient la 9e Armée (Gal Corap). En mars 1940, sur l'initiative d'Anne Morgan (v. chapitre sur 14-18) un centre de récréation pour soldats a été ouvert à Autreville ; "un antidote contre l'ennui et le découragement."
Mai 1940, l'attaque allemande Le 9 mai 1940 au soir, se trouvent sur la frontière franco-belge à la 9e Armée :A gauche formant le 11e CA : - la 4e
DLC rive droite de l'Oise,
A
droite le 41e CA :- la 4e DINA sur l'Oise, - la 18e DI à sa droite, - la 5e DIM à l'est de Guise - la 1e DIM à l'ouest de Noyon. - la 61e DI à
gauche,
6e,
32e, 33e BCC en soutien. 11e DINA vers la
Ferté-Milon, 3e DCR dans la
région de
Reims. - la 102e DIF à droite sur la Meuse, - la 1e DLC en arrière, de la 61e DI, - la 22e DI en arrière de la 1e DLC, - la 53e DI en arrière de la 102e DIF. Dans le nord et l'ouest du département à la 1e Armée (rives nord de l'Iron ? et ouest de l'Oise) : Au nord de la 5e DIM,
derrière la 5e DINA (Avesnes) : 2e DLM (Wassigny), 39e BCC.
En arrière, rive ouest du canal de la Sambre : PC de la 1e Armée à Bohain, 12e DIM à l'ouest de Guise (Fieulaine), 38e BCC, Corps de Cavalerie vers St-Quentin, 15e DIM (Chauny).
La 15e DIM (IVe Corps d'Armée) avance immédiatement avec la 1e Armée Blanchard vers Cambrais et la Belgiqur (manoeuvre Dyle). Elle contre-attaquera victorieusement vers Gembloux en Belgique le XVI. PanzerKorps Hoepner (3. et 4. PanzerDivisionen les plus au nord du dispositif allemand). L'aile gauche de la 9e Armée passe la frontière belge le 10 mai au matin pour couvrir (à sa gauche) la progression de la 1e Armée et aller tenir la rive ouest de la Meuse de Namur à Givet. Sur la Meuse, la 9e Armée doit également relier à sa droite, la 2e Armée Huntziger défendant Sedan et ses environs jusqu'à la ligne Maginot. Il reste à la 9e
Armée pour l'essentiel des
réservistes peu entrainés
et mal équipés
qui vont s'établir en direction de
l'est sur la Meuse face aux Ardennes : - la 5e DIM (active, Caen) au nord,
région sud de Namur,
derrière la 4e DLC qui va franchir la Meuse,
- la 18e DI, région de Dinant, à leur droite, derrère la 1e DLC qui va franchir la Meuse, - la 22e DI et la 61e DI à droite, - la 102e DIF restée en place au sud, région de Monthermé jusqu'à l'ouest de Sedan derrière la 3e BS qui va franchir la Meuse. Le PC du Gal Corap est à Vervins, suivant les schémas de l'autre guerre "à la poignée de l'éventail", à plus de 70 kilomètres du front. La pauvre 9e Armée
Les 18e et 22e
DI doivent
parcourir, à pied pour la plupart des unités, une
centaine de kilomètres sur des routes encombrées
de réfugiés et bombardées sans
relâche par la Luftwaffe. Le 12 mai au soir, seules quelques
unités d'avant-gardes
ont pris position sur la Meuse.
Le front
de la Meuse et des
Ardennes se trouve dès lors tenu entre Namur et
Montmédy par des unités (9e Armée au
nord et 2e Armée au sud) mal
équipées et composées
en
majorité de réservistes. A la 9e
Armée, la
proportion d'officiers
d'active est dérisoire ; 3 ou 4 par
régiment en
dehors des chefs de corps et des chef de bataillon à la 18e
et
22e DI, peu d'armes modernes ; trois batteries de DCA pour 105
kilomètres de front, deux bataillons de chars
légers
modernes Renault R35 et un bataillon de FT17 de 14-18 soit 153
chars armés de canons de 37 inopérants
contre les
Panzers (face à 4 PanzerDivions totalisant 976 chars
modernes),
déficit en canons antichars ; il manque 131 canons
de 25 à la 9e Armée et le canon de 47,
détenu par l'artillerie, est derrière
l'infanterie. Tous deux sont tractés par des
chevaux ; les 6 divisions de la 9e
Armée
possèdent au total 149 canons antichars (il y en a 72 par
division chez les allemands).
La disproportion des forces en présence est quasiment identique à la 2e Armée. Ne pouvant compter, à défaut de fortifications suffisantes, de soutien aérien, que sur une artillerie de soutien, le secteur de la 9e et 2e Armée constitue le point le plus faible du dispositif français avec le secteur de Sedan à la jonction de 2 armées entre lesquelles les communications sont comme partout difficiles. Gamelin n'est pas inquiet ; Pétain affirme depuis des années qu'aucune grande unité blindée ne peut traverser le massif accidenté et boisé des Ardennes. Il lui faudrait ensuite encore huit jours pour traverser la Meuse et puis l'attaque, la vraie, doit avoir lieu plus au nord en Belgique. Pourtant, l'armée françaises va se battre partout jusqu'au bout de ses faibles moyens contrairement à la légende toujours tenace véhiculée à l'origine par ceux qui tentèrent de faire oublier leurs propres responsabilités. |
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Les Panzers dans l'Aisne A la mi-mai
1940, après
avoir
franchi les
Ardennes, les 5 divisions blindées allemande du Groupe
blindé Kleist, regroupant près de 1.400 chars et
constituant le gros de l'attaque, traversent la
moitié nord du département de l'Aine,
harcelée notamment par la 2e et la 4e Division
Cuirassée française, cette dernière
commandée par le Colonel de Gaulle contre-attaquant
à Montcornet
et Crécy-sur-Serre.
12
mai, les allemands sont sur la Meuse
On ne sait rien des
opérations militaires
mais en 3 jours, malgré l'envoi de trois Divisions
Légères de Cavalerie françaises
(divisions "essence-picotin" car composées d'une Brigade
à Cheval et d'une Brigade Légère
Motorisée) en avant des 9e et 2e Armées,
les XV., XXXXI. et XIX. PanzerKorps du puissant Groupe
d'Armée A du Gal von Rundstedt regroupant sept divisions
blindées ; 1.900 chars, et une trentaine de divisions
d'infanterie traversent les Ardennes. Les
Panzers sont clairement
repérés par l'aviation et
la cavalerie françaises, mais pour l'état-major
français, il ne peut s'agir que d'une diversion, l'attaque
principale doit avoir lieu au nord dans la plaine belge.
Ce n'est pas pour autant une promenade
de santé pour les
allemands comme on l'a souvent dit. Le 10 mai, la résistance
des Chasseurs Ardennais belges à Bodange est
acharnée face à la 1. PzD stoppée
pendant presque une journée. La 5e DLC française
avec 12 chars sans canon moderne et 22 automitrailleuses combat
également courageusement à Neufchateau le 11,
toujours face à la 1. PzD et ses 259 chars. Les cavaliers
français pauvres en moyens antichars et combattant en front
continue ne peuvent que reculer pour éviter d'être
tournées. Le 12 mai, dimanche de Pentecôte, au
soir, au 3e jour de l'offensive allemande, la cavalerie
française repasse la Meuse. Ayant parcouru 130
kilomètres depuis la frontière
germano-luxembourgeoise pour Guderian et Reinhard, les sept
PanzerDivisionen (PzD) des trois PanzerKorps (PzK) du HeeresGruppe A
atteignent la Meuse de Dinant à Sedan (du nord au sud) :
En face, la 9e Armée française s'installe toujours. Sa 18e Division d'Infanterie (2e Corps d'Armée) vient de parcourir une centaine de kilomètres à pied en trois jours. Elle se retrouve étirée sur un front de 20 kilomètres au sud de Dinant (alors que le secteur théorique pour ce type d'unité est de 5 à 6 kilomètres), où rien n'a été préparé par les belges. Elle a devant elle les 5. et 7. (Rommel) PanzerDivisionen regroupant 546 chars. Plus au sud, dans le secteur de Monthermé, toujours sur la Meuse, la 102e Division d'Infanterie de Forteresse (41e Corps d'Armée de Forteresse) se trouve étirée sur près de 40 kilomètres dans un secteur ... pratiquement dépourvu de fortification. Elle en face d'elle les 6. et 8. PzD du XXXXI. PzK Reinhardt. La 102e DIF assure au sud de Mézières la liaison avec la 55e DI de la 2e Armée. La 55e DI (réserve de
série B) est pareillement
engagée dans le secteur de Sedan. L'attention de Hutzinger a
été attirée en vain en mars sur la
faiblesse des défenses par le député
Pierre Taittinger. La 55e DI fait face au plus gros de l'attaque
allemande ; trois divisions blindées, environ 800 chars des
2., 1. et 10. PzD du XIX.PzK commandé par Guderian en
personne.
Le génie fait sauter les
ponts une fois les cavaliers
rentrés sur la rive ouest. Le commandement
français reste optimiste ; La Meuse est large, il faudra aux
allemands encore huit jours au moins pour traverser et puis, "les chars
ça ne nage pas". L'esprit "drôle de guerre" reste
de mise côté français.
Au soir du 12 mai, Guderian donne ses
ordres :
- La 1. PzD, chargée de
l'effort principal, franchira la
Meuse entre Claire et Torcy, traversera la première position
française et s'emparera des hauteurs du sud pour atteindre
la ligne Chémery-Chaumont.
- La 2. PzD traversera la Meuse
à Donchéry,
pivotera à 90° vers l'ouest et se portera
au-delà du Canal des Ardennes.
- La 10. PzD franchira la
rivière entre Sedan et Bazeilles
et occupera les hauteurs entre Pont-Maugis et Noyers-Pont-Maugis.
13
mai, les allemands attaquent sur la Meuse
Le 13 mai tôt le matin, des
centaines d'avions de la
Luftwaffe écrasent
pendant des heures sous leurs bombes les défenseurs de
Sedan, des
réservistes de la 55e DI française, dont c'est le
baptême du feu, sur le
point le plus faible du front à la jonction des 2e et 9e
Armées, tenu
par deux divisions de série B (55e DI et 102e DIF). Tout
d'abord sonnés
les défenseurs repoussent dans un premier temps toutes les
tentatives
de l'infanterie des trois PanzerDivisions pour traverser la Meuse sur
des canots pneumatiques protégés
derrière un écran de fumigènes (une
première).
Le secteur le plus fragile de
la malheureuse 55e DI (une
douzaine de canons antichars face à 800 chars allemands)
n'est pourtant
enfoncé qu'au soir après l'intervention des
canons des chars et de
l'artillerie puis des lance-flammes des fantassins allemands. Certains
des défenseurs capturés sont abattus sur place
par les allemands
excédés par l'opiniâtreté de
leur résistance. Une fois la tête de pont
établie, les allemands mettent en place à la
faveur de la nuit un pont
pour le franchissement des chars. Le front de la 2e Armée a
cédé.
Le commandement français totalement pris au dépourvu va envoyer quelques renforts dans ce secteur secondaire (53e DI et 3e BS à la 9e Armée à l'ouest de Sedan. 14
mai, les
allemands franchissent la Meuse
A
Houx, au nord de Dinant, à peine arrivées, deux
compagnies du 39e RI de
la 18e DI (9e Armée) repoussent pendant 36 heures
l'infanterie de la 7.
PanzerDivision de Rommel, contre-attaquant et ramenant des prisonniers.
Dans l'après-midi du 14, ce n'est qu'une fois leurs rares
canons
antichars détruits que les fantassins français
doivent abandonner face
aux chars allemands leur positions sur la Meuse.
A Monthermé, la 42e Demi
Brigade de Mitrailleurs Coloniaux de la
102e Division de Forteresse (9e Armée) tient tête
à l'infanterie de la
6. PanzerDivision pendant plus de deux jours. Ce n'est que dans la
matinée du 15 que l'intervention des Panzers contraint la
102e DIF à
court de munitions à abandonner la Meuse.
Hélas, au lieu de lancer les
3e Division Cuirassée et 3e
Division d'Infanterie Motorisée et regrouper ses forces
contre le flanc
allemand au sud de Sedan, Huntziger disperse ces excellentes
unités en
"bouchons antichars" et son infanterie dès lors
condamnée à livrer des
combats héroïques de retardement, qui causent
certes de
lourdes pertes aux
allemands comme à Stonne.
A midi, Gamelin a appelé à la rescousse des éléments de la 6e Armée Touchon, en réserve du Secteur Fortifié du Jura Central (GA3). Gamelin laisse entendre à Touchon que la bataille autour de Sedan est un "incident local" et que les renforts prélevés sur la 6e Armée seront dans quelques jours de nouveau disponibles pour d'autres missions. 15
mai, les
allemands sont à Moncornet
dans l'Aisne
Gamelin
rassure encore Daladier le 15 mai au matin. Guderian
est certes contraint de laisser sa
10.
PanzerDivision en flanc-garde au sud de Sedan, mais il
peut faire pivoter, contre l'avis de ses
supérieurs, ses 2.PzD et 1.PzD vers l'ouest. C'est
LA décision capitale de la
campagne de France.
Il n'a plus devant lui que des unités éparses
mais qui vont se battre jusqu'au bout comme à La
Horgne, à 25 kilomètres au sud-ouest
de Sedan,
où la 3e Brigades de Spahis, essentiellement des marocains
et des algériens, se barricade dans le village et, alors
qu’elle ne dispose d’aucun soutien
d’artillerie, bloque le 15 mai une
journée entière la 1. PanzerDivision,
...
Les Panzers
désormais orientés
vers l'ouest, se
retrouvent également au milieu des lignes de communication
et de ravitaillement de la 9e Armée françaises,
dans le dos d'unités surprises au bivouac, semant la panique
sur leur chemin ... et au GQG
où Gamelin
n'est pas informé des "positions" exacte de l'ennemi, ce qui
est autant la conséquence de communications
défectueuses que de la vitesse de la progression allemande.
La 1e Division
Cuirassée (DCR)
française
envoyée à la
rescousse depuis Charleroi, se trouvera
ainsi engagée pendant son déplacement
avant
de tomber en panne d'essence et la 2e
DCR devant agir depuis
Vervins sera surprise par l'avance allemande au cours
de son
débarquement. La 3e DCR n'est pas encore
opérationnelle.
La 6e Armée Touchon, qui n'a pu prendre position la veille, arrive pour colmater la brèche ouverte entre la 9e et la 2e Armée. Touchon prescrit tout d'abord de résister coûte que coûte sur la deuxième position entre Rocroi et Poix-Terron, Ardennes, à 10-20 kilomètres à l'ouest de la Meuse. Hélas, peu d'unités sont en mesure d'exécuter cet ordre entre celles qui refluent et les rares qui arrivent, très retardées. La position est en réalité déjà intenable et Touchon décide de se rétablir sur l'Aisne, 25 kilomètres en arrière. Le communiqué
officiel reste pourtant
optimiste : "La journée du 15 mai semble marquer une halte.
Entre Namur et la région de à l'ouest de
Montmédy, notre front, qui avait été
bousculé, est en cours de redressement." En
réalité, après la rupture du
front de la 2e Armée française
la veille à Sedan au terme de violents combats, la 9e
Armée
française commence à se disloquer,
transpercée par les PanzerKorps du HeeresGruppe A
dont la 6.
PanzerDivision, qui a percé le 15 au matin seulement
à Monthermé, atteint Rozoy dans le
nord-est de l'Aisne puis Montcornet
à 30
kilomètres de Laon à 20 heures, ayant parcouru
plus de 60 kilomètres dans la journée depuis
Monthermé.
Les allemands sont dans l'Aisne. La route de Paris est désormais ouverte constate Gamelin toujours avec un temps de retard ! Un nouveau groupement de chars est constitué d'urgence dans la région de Sissonne (une soixantaine de kilomètres à l'est de Quierzy), baptisée 4e DCR et confiée au colonel de Gaulle. Le commandement veut établir un front défensif sur l'Aisne et l'Ailette pour barrer la route de Paris. La 6e Armée Touchon, formée d'unités prélevées à l'est va s'y déployer. La 4e DCR de de Gaulle opérant "seule, en avant, dans la région de Laon" doit y "gagner le temps nécessaire à la mise en place de l'armée Touchon". ![]() Insigne de 4e DCR
Au soir, Gamelin réalise que la brèche ne pourra être "colmatée". Comprenant enfin le mouvement allemand, il ordonne la retraite à toutes les unités qui se trouvent en Belgique.
16 mai, les allemands atteignent Marle, Vervins, Hirson Le 16 mai, le XIX. PzK
Guderian, qui a percé le premier
à Sedan le 14, progresse
vers l’ouest de 90 kilomètres. Les 1. PzD au
sud et
2. PzD
au nord établissent
des têtes de
pont sur la Serre à Lugny, Thiernu, Marle et Dercy. Des
éléments de
reconnaissance marchent vers l’Oise. La couverture du flanc
sud est
très faible avant l'arrivée de la 10. PzD le
lendemain sur
son aile gauche directement menacée par les
blindés
français des 2e et 4e
DCR.
Plus au nord, la 6. PzD exploite son succès de la veille, le groupement von Esebeck vers Vigneux, Hary, Vervins Ouest, Voulpaix, Wiège-Faty (20h30) et Flavigny-le-Grand (23h30) à l'est de Guise. Le groupement von Ravenstein vers Dagny(-Lambercy), Vervins Est, Etréaupont (22h30) et Marly(-Gaumont) (22h30) à l'est de Guise. La 8. PzD, après avoir atteint Liart à 10h45 avec ses éléments de tête, se dirige vers Hirson et parvient aux lisières sud-est de la ville à la tombée de la nuit. Côté français la défensive est plus que jamais de rigueur, Gamelin n'envisage pas de couper le couloir des Panzers, ce qui était alors possible en attaquant de flanc sur la Meuse et dans le secteur de Charleroi (voir notamment La défaite française, un désastre évitable - Jacques Belle). Si, après avoir permis aux Panzers de percer rapidement sur la Meuse en y laissant des divisions d'infanterie sous-équipées en moyens anti chars et en DCA, Gamelin n'avait pas dispersé ses réserves : 3 Divisions Cuirassées plus l'excellente 7e Armée, capables de contre-attaquer en masse les flancs de la percée des Panzers (qui est loin de faire l'unanimité dans l'armée allemande ...) et renverser la situation. 17
mai, Hitler ordonne un arrêt sur
l'Oise, de
Gaulle attaque
à
Moncornet
Dans la
nuit, von Kleist apprend que ses objectifs pour le 17 mai, continuer en
direction de Saint-Quentin et atteindre la ligne Vervins, Montcornet,
Dizy-le-Gros, se regrouper et occuper les ponts de
l’Oise, sont pour la plupart déjà
dépassés de 30 km. Il atterrit au P.C. du XIX.
PzKorps à 7 heures du matin et interdit à
Guderian de franchir l’Oise. L'explication est vive, Guderian
démissionne. Hitler
est très inquiet de l'avancée des Panzer et du
vide qu’ils laissent derrière eux. Les divisions
d’infanterie même motorisées ne peuvent
suivre et le Führer craint les
contre-attaques des blindées français. Les 1. et
2. PzD consolident donc leurs têtes de pont sur la
Serre et s'emparent des ponts sur l’Oise à
Ribemont, Mézières-sur-Oise,
Berthenicourt, Moÿ à 30 kilomètres de
Quierzy. Guderian revient à son
poste. La 10. PzD fait mouvement vers
Montcornet
pour
répondre à l'attaque de la 4e DCR
française dans cette région.
Plus au nord, la 6. PzD s’empare de Guise (groupement von Esebeck), de Macquigny et installe des têtes de pont sur l’Oise à Neuvilette et Hauteville après midi. La colonne nord de la 2. PzD et le groupement von Ravenstein se rencontrent à La Herie. La 2e Pz se détourne sur Ribemont, le groupement von Ravenstein se dirigeant sur Origny. Les axes de marche notamment des unités allemandes ne sont en effet pas précisément définis, laissant ainsi une certaine latitude dans l'exécution, ce qui occasionne parfois des chevauchements. Le cas s’est déjà produit le 16 à Montcornet entre les 1., 2. et 6. PzD. Au nord, la 8. PzD s’empare d’Hirson, exploite vers La Capelle, où elle pénètre à minuit. Un détachement atteint Guise, où il relève des éléments de la 6. PzD. 18
mai, Guderian
s’empare de Saint-Quentin
Le XIX. PzK
Guderian s’empare de Saint-Quentin à 9 heures,
atteint à 14 heures Tertry et Villeret, où il
s’établit solidement dans la soirée, et
ses reconnaissances parviennent à Péronne et
à Fins.
La 10. PzD se regroupe dans la région Hamegicourt,
Ribemont, La Ferté, Nouvion et Catillon avec quelques
unités du génie dont la mission
est de protéger le flanc gauche du PzK sur la Somme
et la Serre, de Falvy à Mortiers, en
détruisant les ponts sans importance et en conservant les
ponts nécessaires à une exploitation possible
vers le sud.
Le XIX. PzK
s’est heurtée aux éléments
de la 2e DCR au nord de Jussy, au sud de Remigny et au nord de Quessy.
Plus au nord, la 6. PzD, groupement von Ravenstein au sud, s’empare de Fontaine (10 h 30), Croix (11 h 30), Méricourt (12 h 45), Le Catelet (19 h 30) et établit une tête de pont à Vandhuille. Le groupement von Esebeck au nord est à Fresnoy à 11 h 30, et à 10 km au sud de Cambrai à la nuit. La 8. PzD éprouve plus de difficultés ; opérant en flanc-garde au nord du dispositif, sa progression est ralentie par les coups de boutoir partant d’Etreux, de Wassigny et elle s’établit provisoirement en défensive sur le front Sevoncourt Iron. 19
mai, de Gaulle attaque à Crécy-sur-Serre
Les 1re et
2e Pz doivent
atteindre la ligne
Péronne-Fins, établir une tête de pont
sur le canal du Nord sur la ligne Le Mesnil-Cléry,
la 10. PzD assurant la flanc-garde sud. En fin de matinée, la 10. PzD signale que
l’attaque contre la tête de pont
française de Ham est un échec et n’a aucune certitude en
ce qui concerne Jussy, Quessy, Saint-Simon. A 12 h 30, des chars
français sont
signalés à Benay, à 13 h 05 de
l’infanterie et des chars français à
Essigny. L’aviation allemande observe le
rassemblement de cent chars au sud de Crécy.
L’unité de barrage
de la division est exterminée. Guderian décide
cependant de
ne rien changer à ses plans et les 1. et 2. PzD continuent
leur progression vers
l’ouest, la 10. bloque seule l'attaque
française en attendant des renforts de
l’arrière.
L’après-midi, les chars
français
sont détruits à Essigny, l’attaque
sur Crécy est repoussée.
20
mai, la côte de la Manche est atteinte
La
2. PzD prend Abbeville
écrasé sous les bombes, la 1.
PzD Amiens,
défendu avec acharnement par un régiment
régional et
quelques chars
FT 17 de 14-18. Au soir du 20 mai, un bataillon de la 2.PzD atteint la
baie de Somme à Noyelles. Le coup de faux a
réussi. Les
armées alliées sont
définitivement coupées en deux.
Gamelin fait ses valises. Le
permier acte de la
bataille du Nord est
joué.
Le 15 mai 1940, après avoir franchi les Ardennes, la 6. PanzerDivision du XXXXI. PzK Reinhardt atteint Rozoy-sur-Serre dans le nord-est de l'Aisne puis Montcornet à 30 kilomètres de Laon au soir, ayant parcouru plus de 60 kilomètres dans la journée depuis Monthermé sur la Meuse. Le 16 mai, les 1. PzD au sud et 2. PzD au nord appartenant au XIX. PzK Guderian progressent de 90 kilomètres en deux jours depuis Sedan, vont établir des têtes de pont sur la Serre à Lugny, Thiernu, Marle et Dercy, à 45 kilomètres de Quierzy. Le 16 mai, les blindés allemands sont donc entre 70 et 45 kilomètres de Quierzy mais les combats semblent tout proches ; dans la nuit un avion français est tombé près de l'Oise vers le château - son pilote est indemne. Dans la matinée quelques militaires et des réfugiés traversent le village. La rumeur grandit : les allemands sont à Laon ! Il n'en faut pas plus. Les destructions de la Grande Guerre et l'occupation allemande sont dans tous les esprits. Avant midi, les ouvriers sont rentrés des champs, les charrettes et les autos chargées, les animaux des fermes resteront sur place : les poules, les lapins, veaux et les vaches sont laissés en liberté. Les maisons sont fermées à la hâte, on emporte des matelas, du linge et de la nourriture. Certains étaient à pieds, d'autres en vélo. Une
véritable caravane prend la route, quelques animaux suivent.
Ceux qui n'ont ni auto ni
charrette suivent à vélo ou à pied.
D'autres prennent le train ; il n'y a
aucune gare disponible avant Creil ! Départ le 16 mai en direction de Compiègne contourné par le nord puis entre Clermont et Creil, traversée de la Seine entre Vernon et Mantes, poursuite entre Vernon et Dreux, puis entre Alençon et le Mans, ... au rythme d'une trentaine de kilomètres par jour. La Dépêche de l'Aisne, imprimée à Laval, publie à la mi-juin une liste indiquant la commune accueillant les services publics de chaque commune évacuée ; la Mairie de Quierzy est évacuée à Bouessay au sud-est de la Mayenne. Certains s'arrêtent à Laval d'autres poursuivent jusqu'à Angers. S'il faut 4 jours en train, la "caravane de Quierzy" mettra plus de 3 semaines pour parvenir dans la Mayenne ... à peine moins que les allemands, dans la panique que l'on sait ; embouteillages des routes, bombardements des villes, mitraillages des convois, on se réfugie sous les voitures et les charrettes, on se jette dans les fossés. Certaines étapes se font de nuit pour éviter les bombardements. Il y aussi le manque rapide de nouriture, le commerçants qui en profitent, les vols des biens emportés entre réfugiés, ... A l'arrivée, l'administration s'occupe de trouver à chaque famille un endroit pour loger. On se retrouve dans des fermes isolées, dont les propriétaires reçoivent des indemnités pour loger et nourrir les réfugiés. Il faut nettoyer et aménager les bâtiments et les granges pour s'y installer. Chacun aide ensuite aux travaux de la ferme et suit la poursuite des opérations militaires. |
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Combats sur l'Ailette
Le 15 mai, après avoir franchi les Ardennes, la 6. PanzerDivision du XXXXI. PzK Reinhardt atteint Rozoy-sur-Serre dans le nord-est de l'Aisne puis Montcornet à 30 kilomètres de Laon au soir, ayant parcouru plus de 60 kilomètres dans la journée depuis Monthermé sur la Meuse. Les allemands sont dans l'Aisne. La route de Paris est désormais ouverte constate Gamelin pour qui l'ennemi fonce vers la capitale "comme en 14". La 6e Armée Touchon, en réserve vers Dijon, envoyée le 14 mai à midi colmater la brêche ouverte entre la 9e et la 2e Armée par les Panzers sur la Meuse, doit, du fait de la situation à la 9e Armée qui se disperse en rase campagne, établir un front défensif sur l'Aisne et l'Ailette "pour barrer la route de Paris". La 4e Division Cuirassée du Colonel de Gaulle recoit l'ordre d'opérer "seule, en avant, dans la région de Laon" afin de "gagner le temps nécessaire à la mise en place de l'armée Touchon".
Le 16 mai, les 1. PzD au sud et 2. PzD au nord, appartenant au XIX. PzK Guderian, ayant progressé de 90 kilomètres en deux jours depuis Sedan, vont établir des têtes de pont sur la Serre à Lugny, Thiernu, Marle et Dercy, à 45 kilomètres de Quierzy. Elles vont s'emparer le lendemain des ponts sur l’Oise à Ribemont, Mézières-sur-Oise, Berthenicourt, Moÿ à 30 kilomètres de Quierzy. Orienté jusque là plein ouest, le mouvement prend la direction du nord-est. Gamelin
comprend enfin la manoeuvre d'encerclement allemande et
suggère de
contre-attaquer pour couper les arrières des Panzers.
Malgré la contre-attaque de la 4e Division
Cuirassée du Colonel de Gaulle le 17 mai vers Montcornet,
l'ennemi atteint St-Quentin le 18. Fidèles aux
enseignements de la Grande Guerre, le reste de l'armée
française,
incapable d'agir, s'emploie pendant des
jours à
colmater la ligne de front avant toute attaque. Le 17 mai 1940 le général Frère commandant la 7e Armée disparue aux Pays-Bas est convoqué au GQG de Vincennes. Le général Gamelin lui donne pour mission de mettre sur pied, à gauche de la 6e Armée, une nouvelle 7e Armée qui doit couper la progression allemande sur la Somme afin de protéger Paris. 18 mai, la 87e DIA arrive sur l'Ailette Sur le flanc des Panzers
allemands, barrant la
route de Paris,
quelques unités en retraite
de la 9e
Armée tentent
tout d'abord de se
regrouper derrière les canaux, puis de nouvelles
unités forment un front, tandis que
depuis les observatoirs d'artillerie de la première guerre
mondiale sur les hauteurs du Chemin des Dames, l'artillerie
française malmène les allemands. Au centre de ce
front, entre la Somme et l'Aisne, devant Quierzy, la 7e
Armée du Gal Frère sur la rive doite de l'Oise
reçoit des
renforts ; A droite, rive gauche de l'Oise, la 6e Armée, sur les lieux même des combats acharnés de 1918, fidèle à ses conceptions datant de la Grande Guerre, le commandement français aligne dans ce secteur hautement stratégique, où l'Ailette barre la route de Paris, ses fidèles troupes d'Afrique. La 87e Division d'Infanterie d'Afrique (en réserve du Groupe d'Armées 2 au 10 mai), arrivée de Dieuze (Moselle) dans la région de Pierrefonds le 17, affectée à la 6e Armée fait mouvement le 18 vers l'Ailette, et s'établie du pont sud du Bac d'Arblincourt au pont de Courson (PC à Pierrefonds). Son front sur l'Ailette est de 15 kilomètres à vol d'oiseau alors que le secteur théorique pour ce type d'unité est de 5 à 6 kilomètres. A sa droite, la 28e DI prend pareillement position avant que la 7e DI vienne s'insérer. Leur mission sur l'Ailette : "Tenir sans esprit de recul". La 87e DIA est rattachée au 17e Corps d'Armée de la 6e Armée Touchon. Il n'y a plus à ce moment d'unité en ordre devant elles, seule la 3e DLC résiste devant LAON. L'historique du 87e GRDIA mentionne la 27e DIAlpine qui tient le massif boisé de St-Gobain où son GR (20e) est bousculé par l'ennemi. Le secteur devant Quierzy repasse à la 6e Armée du Gal Touchon. La 23e DI est originaire du sud de la Loire et composée des 32e RI (Tours, Chatellereault), 107e RI (Angoulême, Limoges), 126e RI (Brive), 41e RA ... Elle débarque à Chauny à partir du 18 mai. Le 126e prend position entre Jussy et l'écluse de Mennessis, le 32e entre Mennessis et Viry-Noureuil en liaison à droite avec le CID 15 (Centre d'Instruction Divisionnaire de la 15e DIM, 27e RI...), plus tard la 29e DI CID 15 et des éléments du dépot 92 bis qui tiennent sommairement les autres têtes de ponts puis 107e RI ? La 87e DIA est originaire d'Algérie, et composée des 17e et 18e Régiment de Tirailleurs Algériens essentiellement constitués de réservistes et du 9e Zouaves, régiment d'active d'Alger. Elle rejoint l'Ailette le 18 mai ; durant le trajet depuis Attichy, les colonnes des Zouaves sont continuellement survolées et plusieurs fois bombardées par l'aviation ennemie sur les routes encombrées de soldats de la 9e Armée en déroute et de réfugiés. Les autres régiments de la Division et l'artillerie (87e et 287e RA) sont retardés par les bombardements aériens et subissent des pertes en route.
Le "9 Z", dont l'effectif est incomplet (des permissionnaires n'ont pas pu rejoindre l'unité), prend possession des ponts entre Champs et Courson (ce dernier est tenue à partir du 19 mai par le 7e BCA de la 28e Division qui s'installe à droite de la 87e). Le Régiment y construit dès le 19 des barricades anti-char et établit de solides points d'appui, réutilisant parfois des abris de 14-18. La défense des villages et les forêts, obstacles naturels à la progression des chars, est pareillement minutieusement organisée jusqu'à Vézaponin et Epagny en arrière du front. Tirant les leçons des premières semaines de combat, Weygand qui succède à Gamelin à la tête des armées françaises le dimanche 19 mai, "pour organiser la contre offensive", demande en effet à ses unités, d'adopter une défense en "hérissons". Préoccupé dès sa prise de commandement de trouver parade aux raids des Panzers appuyés par la Lufwaffe sur les arrières des armées, il fait organiser les villages en centre de résistance hérissés de feux capables de défendre de tous côtés comme un hérisson attaqué qui se protège en faisant boule de tous ses piquants. Les Panzers qui contourneront ces points d'appui se retrouveront coupés de leur infanterie et seront ainsi vulnérables aux contre-attaques des blindés français et à l'artillerie. Egalement, "Il faut substituer à la notion de ligne celle de la maîtrise des communications". Les unités se retranchent derrière les ponts, aux carrefours, dans les villages et organisent en profondeur des points d'appui protégé par l'artillerie.
Le site SGA confirme que des hommes de la 23e DI sont tués dans ce secteur à cette période : plusieurs du 18e GRDI et un de la 23/2 Cie de Sapeurs Mineurs le 23, un au 126e RI le 24, un autre le 29 avant la relève du 126e RI par le 18e RTA le 2 juin. Le 18e Tirailleurs Algériens a pris position sur l'Ailette dans la nuit du 18 au 19 mai à gauche des Zouaves, après relève du Groupe de Reconnaissance de la Division (GRD 87). Le 17e RTA (moins un bataillon placé en réserve de Division) a pris position à gauche des Zouaves. L'artillerie s'installe à l'arrière ; les 75 du 87e RA en "appui direct" des 3 régiments d'infanterie, les 155 C du 287e RAL en soutien, plus un groupe de 155 GPF aux lisières de la Forêt de Laigle. Le VIIIe Groupe du 320e Régiment d'Artillerie Coloniale Porté (VIII/320 RACP) s'installe selon son JMO le 2 juin "dans la région de Bourgugnon-sous-Coucy" : voir la page sur le 320e RACP. Manicamp, sous-secteur du 18e RTA, est organisé défensivement. Dans la rue principale, une arme collective (canon d'infanterie ou fusil-mitrailleur) est installée dans une maison, dont un mur est en partie démonté pour permettre le tir en direction de l'Oise et du canal. Un élément du socle sera retrouvée par le propriétaire des lieux à son retour d'exode. Il n'y a pas de trace à Quierzy, plus en arrière du front, de l'organisation de telles défenses. L'effectif ne le permet pas et la défense de l'Oise depuis la rive sud, alors que la poussée allemande orientées plein sud en direction de l'Aisne et Soissons, présente le risque pour les défenseurs de se retouver coincés le long de la rivière et son canal. "Qu'ils viennent ... ils seront reçus !". En 14 et en 18, l'armée française s'est rétablie sur la Marne, cette fois ce sera sur l'Ailette. Le ravitaillement, amélioré du vin trouvé sur place, est abondant. Malgré les plaintes des bêtes mourant de faim et de soif se mêlent aux échos des combats qui se rapprochent, le moral est bon. Le PC de la Division s'installe à Morsain le 20 puis à Vassens le lendemain tandis que le secteur de division s'étend vers l'Oise.
Tandis que Weygand succède à Gamelin à la tête des armées françaises le 19 mai, l'infanterie du 18. ArmeeKorps (12. Armee Gal List, Heeresgruppe A Gal von Rundstedt) vient protéger l'avance des panzers. Les chasseurs de montagne de la 1.Gebirgsjäger-Division (Gebirgsjäger-Regiment 98 et Gebirgsjäger-Regiment 99) arrivent sur l'Ailette le 19 par Hirson, Marle, Crécy-sur-Serre. Contrairement à une idée reçue, le gros des troupes allemandes est peu mécanisé et progresse à pied jusqu'à l'Ailette pour y mener des combats d'infanterie classiques, sans l'intervention des chars, qui poursuivent 80 kilomètres devant en direction d'Amiens (1. PzD) et Abbeville (2. PzD) pris le lendemain. Au soir du 20 mai, un bataillon de la 2.PzD atteint la baie de Somme à Noyelles. Le coup de faux a réussi. Les armées alliées sont définitivement coupées en deux. Les Panzers poursuivent les jours suivants sur Boulogne, Calais, Dunkerque ...
Faisant face à la 87e DIA, les chasseurs de montagne de la 1.Geb.Div. (désormais rattachée au 44. ArmeeKorps, 6.Armee, Heeresgruppe B) arrivés également sur l'Ailette le 19, sont en défense le long de la rivière avec en avant des positions entre Marizelle et Landricourt (Coucy-le-Ch.) protégeant ainsi l'avance des panzers vers Amiens. Le 20 mai, ayant traversé Cerny-en-Laonnois puis Bourg-et-Comin, le colonel de Gaulle franchit l’Aisne à 12h15 à Vailly-sur-Aisne avant de gagner son nouveau PC à Savigny-sur-Ardres, au sud de Fismes. Premier contact avec l'ennemi Le 21 à l'aube, le Groupe de Reconnaissance de la Division (GRD 87) qui passe le canal pour aller faire sauter un dépôt d'essence vers Barisis dans la Forêt de Coucy se heurte à une forte colonne motorisée vers Coucy-le-Château. Tout au long de la journée, l'ennemi tente de franchir les ponts, il est systématiquement repoussé, chars y compris. Malgré les bombardements d'artillerie et le manque de matériel de destruction, nos pionniers commencent à faire sauter les ponts.
Le 22 et les jours suivants, les allemands surpris par cette résistance inattendue limitent leurs tentatives d'infiltration. L'artillerie est en place, ainsi que les communications téléphones et radio. La destruction des ponts se poursuit. Les accrochages et duels d'artillerie sont quotidiens. Le 23, la 2e Compagnie du 36e Bataillon de Chars de Combat (17 chars FT 17 de la Grande Guerre) fait mouvement par porte-chars dans la zone de la 87e DIA. Dans la nuit du 23 au 24, les sections prennent leurs positions de combat. La Compagnie est répartie de la façon suivante : Sous-secteur gauche tenu par le 18e Rgt de Tirailleurs Algériens ; 2e section sous le commandement de l'Aspirant Simonet, sous-secteur du centre tenu par le 9e Zouaves ; 1e section sous le commandement de l'Adjudant Chef Tessier, sous-Secteur de droite tenu par le 9e Zouaves puis par le 17e RTA ; 3e section sous le commandement du Lieutenant Despatin. PC de la Compagnie et Sous-Section d'Echelon à hauteur du PC de la Division à Vassens. A 10h, la Section du Lieutenant Despatin est bombardée par avion. Pas de victimes. La section d'Echelon est à Blérancourt. Le 25, la section du Lieutenant Despatin a eu à intervenir pour repousser une infiltration ennemie. Son action s'est bornée à un mouvement de la section, sans combat, les quelques fantassins ennemis ayant progressés, ayant été tué par les feux de l'infanterie. Un motocycliste de la Compagnie engagé par erreur dans les lignes ennemies est stoppé par un pont détruit et par le feu ennemi. Il rejoint les lignes de la Compagnie en traînant sa machine. Le 25 mai toujours, à 11 heures, par suite de la menace qui se précise sur le canal de l’Ailette, le 24e Bataillon de Chasseurs Alpins (29e DI), en défense à Pontoise-les-Noyon, reçoit l’ordre de se porter le plus tôt possible à Manicamp, où il doit relever un bataillon du 126e RI. Il atteint Quierzy à 21 heures, accueilli par des obus fusants. Il reçoit l’ordre de stopper. Dans la soirée et au cours de la nuit, Manicamp est bombardé par obus de 105. Le 26, contre-ordre pour la relève, le 24e BCA doit rejoindre Babeuf au nord de l’Oise.
Les 12 ponts ou passerelles du secteur ont été détruits : le pont de Bichancourt le 27 mai, les ponts de Quierzy le 1er juin. Le 4 juin, la défense de l'Oise de Pont-l'Evèque à Quierzy confiée au 52e Bataillon de Mitrailleurs Motorisés de la 7e DIC. On se bat à la grenade d'une rive à l'autre du canal de l'Ailette. La menace monte, les préparatifs allemands s'accélèrent ; dans la nuit du 3 au 4, la 72.Inf.Div. relève les chasseurs de montagne. Le 4, l'agitation est importante du côté allemand. Après le rembarquement le 4 juin à Dunkerque du Corps Expéditionnaire Britannique et des armées françaises encerclées au nord, les unités françaises, jetées dans la bataille au gré des événements, défendent désormais seules et sans moyens modernes la liberté du monde. Elles ont pour consigne de résister sur place jusqu'à l'arrivée des armées rescapées du Nord qui débarquent à Cherbourg ... 5 juin, 2e acte de la bataille de France L'armée française a perdu une vingtaine de divisions (un tiers de ses forces initiales) sur la Meuse et dans les Flandres (ses meilleurs unités ainsi que leurs blindés), l’armée britannique a rembarqué à Dunkerque, soit une douzaine de divisions en moins. Sur le papier, Weygand a pu rassembler une quarantaine de divisions d'infanterie et trois divisions blindées en cours de formation pour défendre un front improvisé étirée d’Abbeville à la Ligne Maginot, sur la Somme, l'Ailette et l'Aisne face à 120 divisions allemandes, dont 10 PanzerDivisions. 8 divisions françaises sont établies dans le département de l'Aisne au 4 juin 1940, veille de l'attaque allemande sur le front défensif français constitué derrière le canal de la Somme, le canal de Saint-Quentin, l'Oise, le canal de l'Ailette et l'Aisne. Ce front de plus de 110 kilomètres s'étend de Sommette-Eaucourt, à l'est de Ham, secteur de la 3e DLI, à Neufchâtel-sur-Aisne, secteur de la 42e DI. On y
trouve en première ligne du nord au sud
: - 3e DLI, PC à Crisolles,
- 23e DI, PC à Grandru, - 87e DIA, PC à Vassens, - 7e DI, PC à Crouy, - 28e DI, PC à Chivres, - 44e DI, PC à Baslieux-les-Fismes, - 45e DI, PC à Pévy, - 42e DI, PC à Villers-Franqueux.
Trois régiments sont lancés à l’assaut du 18e RTA. Côté Oise, le 475. Infanterie Regiment de la 255. Infanterie Division Wetzel (455, 465, 475 IR) attaque au pont de Bichancourt – Manicamp, Quartier du IIIe Bataillon Vigne du 18e RTA, avec pour objectif final Noyon. A la gauche du 475. IR, appartenant à la 72. ID Mattenklott, le 266. IR attaque à l'aile droite de la 72.ID, le 124. IR au centre, tous deux devant le Ier Bataillon Delattre du 18e RTA (Quartier de St-Paul-aux-Bois), et le 105. IR à l'aile gauche devant les Zouaves (selon les archives de la 72.ID) avec pour objectif les hauteurs de Blérancourt ; Camelin-Le Fresne, St-Aubin, … Weygand veut rester optimiste : "[...] La bataille de France est commencée. L'ordre est de défendre nos positions sans esprit de recul […] Accrochez-vous au sol de France. Ne regardez qu’en avant ! Le sort de la Patrie, la sauvegarde de ses libertés, l'avenir de nos fils dépendent de votre tenacité". Après une intense préparation d'artillerie sur tout le front à l'aube, qui s'étend en profondeur entre Quierzy et Juvigny, les allemands franchissent le canal à la faveur d'un épais brouillard sur des barques pneumatiques ou à la nage. Les vagues successives sont accueillies
à coups de fusils et de grenades, qui coulent les
embarcations et font de nombreux morts qui flottent sur canal. Les pertes
sont effroyables
(les points d'appui français sont bien organisés
selon un plan de feux
méthodique), mais les
allemands tués sont
immédiatement
remplacés et parviennent à prendre pied sur la
rive. Les
combats se poursuivent au corps à corps sur les berges : on s'y
bat à un contre six.
A la mi-journée, les allemands débordent Manicamp malgré la résistance sur place des unités ; la 11e Compagnie du 18e RTA qui assure la liaison au pont de l'Oise avec la 23e DI ne se repliera que le 7 avec cette dernière. Mais les infiltrations ennemies sont nombreuses, St-Paul-aux-Bois est investi, Trosly-Loire est menacé. L'ennemi cherche, selon une méthode qui lui est chère durant cette campagne, à attaquer par l'arrière, en capturant les états-majors pour désorienter les unités privés de chefs ... Des renforts sont nécessaires. Une section de chars du 36e BCC - 3 FT17 de la Grande Guerre - arrive en début d'après-midi ! Une contre-attaque des Tirailleurs du 17e permet de dégager le PC du 9 Z à Selens.
Au soir, les allemands s'emparent de Besmé ferme par ferme mais les points d'appui sur le canal et dans Trosly-Loire tiennent, les pertes infligées à l'ennemi sont importantes et plus de cent prisonniers ont été faits (principalement des hommes du 124. .Inf.Rgt. de la 72.Inf.Div. (44. AK, 6. Armee, Heeresgruppe B ). Les éléments avancés, ayant contournés les défenses françaises, parviennent à la Ferme Neuve pour le 266.IR, à la lisière nord de St-Paul-aux-Bois pour le 124.IR et sur la colline à l'est de Selens pour le 105.IR.
Le 170e RI, en position sur l'Aisne vers Vic-sur-Aisne, note que dans la nuit du 5 au 6 juin, les T.C. et C.R. de la 87e DI refluent sur la rive sud de l’Aisne.
Au centre, l'attaque allemande en direction de Trosly-Loire est pareillement stoppée ; 152 prisonniers dont 2 officiers et un important matériel sont pris. A l'est, une grande partie de l'armement est perdu du fait des violents pilonnages d'artillerie, la liaison est perdue avec le 93e RI, les Tirailleurs se replient vers Epagny et le GRD multiplie les reconnaissances pour rechercher la liaison avec le 93e RI. C'est au cours de cette journée que le Lieutenant Houzé, pilote d'un Curtiss H-75 abattu, ayant refusé de se rendre, tombe en héros les armes à la main vers Besmé. De leur côté, les Zouaves interdisent jusqu'au soir tout franchissement au Bois de la Tinette. Les allemands n'en poursuivent pas moins leur avance. A 19 h, violente attaque allemande sur Camelin - Le Fresne. Il n'y a plus d'appui d'artillerie, plus de munitions, plus de renfort, mais la défense du village est acharnée. Vers 22h, le Chef de Bataillon Caffarel du IIe Bataillon du 17e RTA est tué, le village est pris. Au soir, le 266.IR atteind la colline au sud-est de Blérancourt, le 124.IR les hauteurs au sud de St-Aubin et le 105.IR Ouilly - Vézaponin. Vers 21 h tombe l'ordre de décrocher. On croit tout d'abord à une mystification de la 5e colonne. Mais à gauche de la 7e Armée, sur la Somme, le front de la 10e Armée a cédé et le recul de la 10e Armée oblige la 7e Armée à se replier. Rommel a trouvé la parade aux hérissons de Weygand, il avance à travers champs. Dans le secteur de la 87e DIA, les importantes incursions ennemies alentours rendent une contre attaque impossible. L'ordre est transmis par les agents de liaison qui parviennent à se glisser jusqu'aux points d'appui encerclés. Malgré la fatigue de deux jours et deux nuits de combats et la faim (il n'y a plus de ravitaillement depuis le 4 juin), le repli s'effectue en ordre à la faveur de la nuit en direction des ponts sur l'Aisne de Rethondes, Berneuil, Attichy et Vic tenus par la 11e DI. La 11e Compagnie du 18e RTA qui assure la liaison au pont de l'Oise avec la 23e DI ne se repliera que le lendemain avec cette dernière.
Le prix payé par les allemands sur l'Ailette est élevé ; de leur propre aveu pour ces deux jours ; 1.800 morts et 4.500 blessés (outre plus de 200 prisonniers). La seule 1.Geb.Division du 44 ArmeeKorps, qui a traversé le canal plus à l'est ce jour-là perd 500 hommes. Les Zouaves perdent de leur côté 16 officiers et 620 hommes (tués, blessés ou disparus). les pertes des Tirailleurs, égalements lourdes, attestent qu'ici comme ailleurs l'armée française s'est battu courageusement. L'avance vers Noyon Sur l'autre rive de l'Oise, le V. ArmeeKorps (62., 94., 263. ID), 6. Armee qui attaque depuis La Fère est tenu un temps en échec devant Noyon par de puissantes contre-attaques françaises. Le 485.I-R (263.ID) a passé le Canal de l'Oise à l'Aisne à Bichancourt derrière le 475. IR de la 255. ID, 6. Armee et longe le Canal Latéral à l'Oise jusqu'à Noyon tandis que les 463 et 483. Infanterie-Regiment (263.I-D également) ont franchi le Canal de St-Quentin devant Vouël. (rive droite de l'Oise) tenu par le 32e RI de la 23e DI. Mais à l'aube du 7 juin, les 62. et 94. ID venant du nord et la 263. ID du sud-est par la vallée de l'Oise resserrent l'étau sur Noyon où les combats de rues opposent les fantassins allemands aux fantassins français jusqu'en début d'après-midi. La plupart des unités françaises parviennent à s'échapper. Parmi elles, le 25e GRCA qui a tenu pendant deux jours le canal latéral à l'Oise. Au soir du 7, la 263. ID occupe Noyon. La chaleur est étouffante. Les morts sont enterrés à la hâte.
Au sud de l'Aisne Au 170e RI, toujours au sud de l'Aisne vers Vic, on note le 6 juin au matin, entre 9h30 et 11h00, des bombardements successifs par avions sur les colonnes d’artillerie et les T.C. de la 87e Division sur Vic et la cote 140. La route de la Vache Noire est coupée par endroit par des cadavres de chevaux et par des voitures. Dans la nuit du 6 au 7 juin s’effectue le repli des éléments de la 87e DI. Certains de ces éléments sont regroupés dans Vic. Le régiment s’emploie à les rallier et même à les ravitailler avec ses propres vivres, et à les réorganiser. Les derniers éléments de la 87e DI franchissent le pont de Vic entre 10h00 et 13h30, heure à laquelle se termine leur passage. Vers 13h00 des éléments ennemis prennent contact aux barricades est de Vic puis aux barricades nord-est. A la 87e DIA, on note que le 7 vers 13 heures la rivière a été franchie par tous les éléments qu'il a été possible de décrocher, les ponts sautent. Les allemands attaquent déjà. La déception est grande de ne trouver là ni défense organisée ni renforts regroupés pendant les 20 jours de combats sur l'Ailette. Les combats se poursuivent au sud de l'Aisne. La 87e DIA se bat au nord de la Forêt de Retz ; Ferme de Pouy les 8 et 9 juin, Taillefontaine le 10 ...
Le Gouvernement quitte Paris. Le 12, les allemands sont à Évreux, le 14 à Paris et au Mans, le 15 à Tours et sur la Loire. Lundi 17 à 12 heures 30, alors que rien n'a été préparé (l'armistice sera signé le 25), Pétain annonce à la radio "qu'il faut cesser le combat". Le sauveur de la France fait également interdire par son ministre de la guerre le Gal Colson, tout repli devant les allemands et qu'on fasse sauter les ponts des grandes villes ... livrant ainsi plus de 1.000.000 de prisonniers aux allemands. Le 18 dans la soirée, le Général de Gaulle lui répond : "rien n'est perdu pour la France". Du 19 au 21, 2 000 Cadets de Saumur (élèves officiers, instructeurs, bataillon de marche des élèves officiers et d'infanterie de St-Maixent) résistent derrière la Loire sur un front de plus de 30 km de Gennes à Montsoreau. Mais au sein du gouvernement, les défaitistes Pétain en tête, l'emportent; l'armistice est signé le 22 juin à Rethondes. Il est rapidement violé.
Les allemands n'oublieront pas la défense héroïque des Africains sur l'Ailette ; l'armistice signé, ils tiendront à rencontrer le chef du 9e Zouaves sur la ligne de démarcation pour le féliciter !
La
médaille des resapés de
l'Aisne
On lira avec intèrêt L’Officier sans nom, premier roman de Guy des Cars,qui reçoit le prix Goncourt (zone libre) en 1941. Lieutenant de réserve à la tête d'une compagnie du 102e RI, l'auteur combat sur l'Ailette et recevra la croix de guerre pour sa conduite au front. |
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Sources et Bibliographie L'AISNE DANS LA GUERRE 1939-1945 - Marie-Agnès PITOIS-DEHU - HORVATH LA RANDONNEE DU 9e ZOUAVES - Lt-Col. TASSE - CHAIX Pierre VASSELLE, Les combats de 1940, 18 mai - 9 juin, Haute-Somme et Santerre, Ligne de l’Avre et de l’Ailette, VIIme Armée Frère. 1er et 24me Corps. Imprimerie Carpentier Montdidier, 1970 Les Grandes Unités Françaises - Historiques Succincts, Service Historique de l’Armée de Terre, 1967 JMO 87e DIA - SHAT Vincennes - côte 32N348 JMO 18e RTA - SHAT Vincennes - côte 34N275 JMO Régiments régionaux de travailleurs et de protection 2e région militaire, 23ème à 29ème régiments régionaux de travailleurs - SHAT Vincennes - côte 34 N 356 LA FACE CACHEE DE 1940 - François DELPLA - F.X. DE GUIBERT QUIERZY 1944 LA RESISTANCE : L'histoire du Groupe de Quierzy par ses membres 50 ans après LA LIBERATION DE LA FRANCE - André KASPI - PERRIN 1944, LA POURSUITE ALLIEE - Ronald MACNAIR - HEIMDAL : Un des rares ouvrages sur la libértion du nord de la France LA POCHE DE MONS - Yves BOURDON, Claude FAUCON, Maurice TOUBEAU, Henri HUET - QUORUM US ARMY RECORDS ; 4th Inf. Div. ; 5th Arm. Div.; 28 th Inf. Div. J'AVAIS 21 ANS EN 1944 - Jeannine COTIN - L'AISNE NOUVELLE
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