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Courrier

La Grande Guerre

1919 - La (deuxième) reconstruction

L'invasion allemandeLa première libération | Les combats de 1918 | Les tranchées à Quierzy | La reconstruction | La Croix de Guerre

Des Américaines à Quierzy 1917-1924

Carte

L'église et la mairie détruites (carte colorisée par imagecolorizer.com) Les combats autour de Quierzy

Le département de l’Aisne, dévasté par les destructions allemandes de mars 1917 et les combats de 1918, détient le triste record du nombre de villages détruits et de Croix de guerre attribuées à ces communes : 713 sur les 805 communes que compte le département de l’Aisne … Après les pillages de l'occupation allemande, les violents combats de 1918, le cantonnement des nombreuses troupes, il ne reste à Quierzy, pourtant épargné par les destructions de 1917, que quelques maisons dévastées debout au milieu des ruines. Les terres sont encombrées de tranchées, de réseaux de barbelés et de trous d'obus, les chemins et les routes sont pareillement impraticables. Il en est de même dans toute la moitié nord du Département, également vidé de sa population ; sur 530.000 habitants en 1914, on en compte 196.000 en novembre 1918 dans l'Aisne et 303 en 1921 à Quierzy, où il y en avait 414 en 1911. 

Le café route de Brétigny avant 1914, après les combats de 1918 et dans les années 30

Carte

 

Les quelques cultivateurs démobilisés reprennent cependant les travaux des champs pour le printemps 1919. Il faut parfois retourner les terres abandonnées depuis trois ans à la bêche ! Les ouvriers du Service des Travaux de Première Urgence (STPU), crée en décembre 1918, les militaires et les rares chevaux des armées sont d'une aide précieuse. 

La démobilisation commence par les classes les plus anciennes (1887 à 1906) entre novembre 1918 et avril 1919. Les classes 1907 à 1918 ne sont libérées qu'après la signature des traités de paix entre juillet 1919 et juin 1920, pour les plus jeunes à la fin de leur service militaire, dont la durée est de trois ans depuis 1913.

Il existe nombre de règles de "majorations de classes" et exceptions, notamment des sursits accordés aux cultivateurs en janvier 1919 pour assurer la reprise de la vie économique dans les régions libérés. Le retour des démobilisés n'est cependant autorisé que lorsque la famille réside encore sur place ! (La Victoire endeuillée. La sortie de guerre des soldats français (1918-1920), Bruno Cabanes)


Militaires aux champs

Les habitants qui reviennent lentement, avec ou sans autorisation de l'Administration, ne survivent au début que grâce à l'aide des armées, les régions libérées se trouvant toujours dans la zone des armées, et des organisations humanitaires, Section civile du Comité Américain pour les Blessés Français notamment. Certains "rapatriés" camperont plusieurs années dans les caves et les ruines de leur maison sous des tôles récupérées dans les tranchées. Il faut tout racheter ; mobilier, outils, animaux, ... et attendre d'être remboursé au titre de la loi sur les "dommages de guerre" du 17 avril 1919.



Des Américaines à Quierzy 1917-1924

Les américaines de la Section civile du Comité Américain pour les Blessés Français, devenue Comité Américain pour les Régions Dévastées de France (CARD), sont de retour à Blérancourt en février 1919. Le Comité Américain permet l'engagement des travaux de reconstruction en les préfinançant dans l'attente des indemnités dues aux sinistrés que l'Etat tarde à payer.


Réseaux de barbelés dans les champs

Le foyer construit par le C.A.R.D.

L'église et la mairie détruites

L'inauguration du monument aux Morts

Photos du CARD sur https://www.photo.rmn.fr/

Une école provisoire est rouverte dans un "métro" en tôle dès avril 1919. La vie reprend. Quierzy se reconstruit. Les bénévoles du C.A.R.D., qui sillonnent la région dans leurs camionnettes Ford jusqu'en 1924, s'installent un temps au château de Quierzy et construisent un foyer municipal.

               Affiche du Comité Américain pour les Régions Dévastées (CARD)


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Quierzy reçoit la Croix de Guerre 1914-1918

La Commune de Quierzy reçoit par décret du 17 octobre 1920 (publié au JO du 21 octobre 1920 p 16155) une citation à l’ordre de l’armée. Cette citation entraine l'attribution de la Croix de Guerre 1914-1918 avec palme.

Le département de l’Aisne, dévasté par les destructions allemandes de mars 1917 et les combats de 1918, détient le triste record du nombre de villages détruits et de Croix de guerre attribuées à ces communes : 713 sur les 805 communes que compte le département de l’Aisne … 

Cette prestigieuse décoration restée très populaire est le symbole du courage et du sacrifice de la nation toute entière au cours de la Grande Guerre. 

Chacune des 29 communes de l’ancien canton de Coucy-le-Château-Auffrique (Aisne) a reçu par trois décrets joints des 17 et 20 octobre 1920 une citation à l’ordre de l’armée, avec attribution de la Croix de Guerre. 

Les décrets distinguent trois catégories de localités : 

    - celles systématiquement détruites par l’ennemi lors de son repli de 1917, 

    - celles ayant supporté de fréquents bombardements qui les ont complètement détruites, 

    - celles en partie détruites par les nombreux et violents bombardements. 

Le village de Quierzy, miraculeusement épargné en 1917, figure dans la deuxième catégorie. 

Le 5 mai 1921, le Général Guillaumat, délégué par le Ministre de la Guerre et accompagné de M. Paul Doumer, Ministre des Finances et Conseiller Général du canton d'Anizy-le-Château vient procéder, à Coucy-le-Château, à la remise des Croix de Guerre aux communes du canton. Tous les Maires intéressés soent présents ou représentés. Ils reçoivent des mains du Général l'insigne destiné à leur commune pendant qu'on appelle, pour chacune d'elles, le nom des soldats morts pour la Patrie.

 

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La Médaille des Victimes de l’invasion et la Médaille des Prisonniers civils, Déportés et Otages de la Grande Guerre

 
Dès la fin des hostilités il parut également nécessaire de rendre hommage au courage des populations des régions envahies et occupées mises à rude épreuve durant la guerre de 1914-1918, en les récompensant de deux médailles : la Médaille des Victimes de l’invasion et la Médaille des Prisonniers civils, Déportés et Otages de la Grande Guerre. 

Sur proposition du ministre des Régions libérées fut créée, le 30 juin 1921, la Médaille des Victimes de l’invasion qui comprenait trois échelons ( Bronze, Argent et Vermeil ). La Médaille des Victimes de l’invasion remerciait et distinguait les otages de la guerre, les personnes déportées hors de France, emprisonnées par l'ennemi ou condamnées à un travail forcé. Le 12 avril 1922, son attribution fut étendue aux habitants des régions envahies, victimes de brutalités et de sévices graves de la part de l'ennemi. Soulignant les droits particuliers à la gratitude de la nation pour ces deux catégories de victimes, le décret du 10 janvier 1923, créa pour cette médaille deux agrafes : « PRISONNIERS POLITIQUES » et « OTAGES DE GUERRE »

La Médaille des Prisonniers civils, Déportés et Otages de la Grande Guerre fut instituée par la loi du 14 mars 1936, elle visait à « commémorer le souvenir de leurs sacrifices et à honorer leurs actes de dévouement à la Patrie, en reconnaissance des épreuves qu’ils ont dû subir pour elle au cours de la guerre 1914-1918. » Elle fut attribuée aux habitants des régions envahies par l’ennemi, y compris les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle, prisonniers civils, emmenés comme otages ou internés dans des camps.

 
Médaille des Victimes de l’invasion Médaille des Prisonniers civils, Déportés et Otages de la Grande Guerre

La Médaille des Sinistrés du Comité d'Action des Régions Dévastées 

Le Comité d’Action pour les Régions Dévastées (à ne pas confondre avec le Comité Américain pour les Régions Dévastées de France), est une association créée en avril 1921 regroupant les sinistrés de 12 départements (Aisne, Ardennes, Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Seine-et-Marne, Vosges) confrontés aux destructions causées par la Grande Guerre. 

En 1923, le Comité fait fabriquer une médaille destinée à être vendu aux sinistrés d'un diamètre de 28 mm ne comportant pas de ruban, présentée comme suit : "Cet insigne consiste en une élégante petite médaille représentant, à l'avers, la désolation du sinistré devant les ruines de sa maison et comportant, au revers, un texte rappelant nos résolutions" :

"Pour sceller l'entente entre tous les sinistrés de la Grande Guerre dans la défense de leurs droits imprescriptibles" 

"Il peut être porté en guise de breloque. Le prix de vente a été fixé à 2 Francs bronzé, 3 Francs argenté, 4 Francs doré. Tous les sinistrés qui approuvent notre programme ont aujourd'hui pour devoir de porter notre insigne non pas seulement parce que ce faisant ils collaboreront indirectement à notre action, mais encore parce qu'ils feront en portant la « Médaille du Sinistré » un geste public d'adhésion à la politique de reconstitution de notre Comité. La médaille, c'est le seul moyen de nous grouper et de nous reconnaître. Il faut donc que chacun de nous fasse tout ce qui est en son pouvoir pour en distribuer le plus possible. Nous comptons sur votre diligence et sur votre dévouement à toutes épreuves pour nous aider dans la tâche entreprise". 

L'Oeuvre de Reconstitution et la Solidarité Française, édité en 1925 par le Comité d'Action des Régions Dévastées. 

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Les Cartes spéciales des régions dévastées du Service géographique de l'armée

Ces cartes datées du 1er décembre 1920 indiquent les zones de combat en bistre (ligne de front stabilisée 1914-1917 et ligne Hindenbourg 1917-1918), les destructions en rouge, les constructions nouvelles en bleu (dont la voie ferrée militaire étroite de 1917 entre Appilly et Coucy), le nombre de maisons réparées ou reconstruites (20 pour Quierzy), le nombre d'habitants (315), ...
 
Laon 22 Sud-Ouest

Laon 22 Sud-Est

Soissons 33 Nord-Ouest

Soissons 33 Nord-Est


Soissons 33 Sud-Ouest

Les cartes spéciales des régions dévastées du Service géographique de l'armée sur https://gallica.bnf.fr

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Photos aériennes de Quierzy en juillet 1921
Photos aériennes de Quierzy en juillet 1921 sur le site IGN - Remonter le temps

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Les bâtiments de la mairie et de l'école moins endommagés sont remis en service en 1922.

Lemonument aux morts est inauguré en 1925 ; 25 noms y sont gravés :

BEGUIN Georges
BERTHAULT Louis
CAUDRON René
CAVALLIER Etienne
CAYEUX Laurent
DÉCOTIGNY Emile
DÉCOTIGNY Louis
DORMIGNY Edouard
GORET Georges
GUFFROY Louis
LALOUETTE Clément
LEFORT Félix
LEMAIRE Albert
LEMAIRE Désiré
LEMOINE Léopold
MORELLE Désiré
MOURET Julien
PALME Eugène
PERIN Samuel
QUIEVREUX Louis
QUIEVREUX Marcel
RABOEUF Georges
SAINTE Auguste
SALMON Marcellin
VAILLANT Marcel

 

 

De retour à Quierzy à Pâques 1919

www.memoiredeshommes | Memorial GenWeb Quierzy

La nouvelle église est terminée en 1929 et la Société coopérative pour la reconstruction dissoute en 1932.  A Noyon, la reconstruction de la charpente de la cathédrale n'est entreprise qu'en 1936 et achevée en ... 1939.

    La lampe Gras, du nom de son créateur Bernard-Albin Gras (1886-1943), qui lui donne forme en 1921, est la première lampe iconique du XXème siècle. Elle accompagne entre autres  les créateurs de la reconstruction ...  

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Les armées françaises pendant la Grande Guerre, Service historique de l’Armée

J.M.O. des unités citées, 3e DC Cote 26 N 483/1, Groupe d'Escadrons Divisionnaires 70e DI Cote 26 N 395/14, 81e RIT cote 26 N 409/1, 106e brigade 53e DI cote 26 N 525/6), ...
La plupart des JMO est désormais consultable en ligne sur Mémoire des hommes

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